France Guimond, Trois-Rivières / Opinion, Le Nouvelliste :

À la sortie du merveilleux film-documentaire Le goût d’un pays, de Francis Legault, où messieurs Vigneault et Pellerin mettent en lumière notre ancestrale richesse naturelle qu’est le sirop d’érable, je reconnaissais cet attachement profond aux temps des sucres et des retrouvailles. Encore transportée par l’effet précieux d’une fierté, j’écoutais les sourires se rendre jusqu’aux souvenirs ancrés dans ce «Chez nous aussi…». Une solidarité? Une franche appartenance partagée par les racines et l’eau! Aussi unique qu’un bonbon à l’érable, je savourais l’assurance d’une perpétuité!

Lentement en route vers la maison, une nouvelle me propulsa dans un contraste rapidement devenu insupportable. D’abord emportée par une beauté identitaire préservée par le printemps, j’étais maintenant empêtrée d’un sentiment de trahison doublée d’une colère en grondement. On nous annonçait que le projet de loi 106 concernant notre transition énergétique et les hydrocarbures allait être adopté sous le bâillon! Comment un gouvernement peut-il nous enfoncer une loi sans même prendre en considération les deux tiers des Québécois s’affirmant contre le développement des énergies fossiles? Et pourquoi donc un bâillon et non un possible moratoire ou une scission de la loi pour nous permettre d’amorcer notre transition énergétique? Les intérêts m’échappent encore face à cet empressement-acharnement à renier les liens directs, et planétairement démontrés, entre les émissions de gaz à effet de serre (GES) et leurs impacts sur le réchauffement climatique?

Devenue inquiète, je me suis mise à fouiller pour trouver une information apaisante. Rien de rassurant!

Que ce soit sur le droit et l’encadrement des permis-licences accordées aux pétrolières-gazières ou sur les procédés d’exploration-production utilisés par facturation hydraulique ou encore sur le transport du pétrole des sables bitumineux, la loi semble fracturer elle-même l’entendement de notre communauté!

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