André Lamy, Louiseville / Opionion, Le Nouvelliste :

Le 9 décembre dernier, je me suis senti triste, désemparé, impuissant. Le 9 décembre dernier, j’aurais plutôt dû être fébrile à l’idée de penser que dans quelques jours à peine, on allait être réunis en famille, assis autour d’une même table à partager un festin, à se remémorer des souvenirs, à se sourire, à rire, à s’aimer.

Le 9 décembre dernier, j’ai ressenti un grand vide, je me suis senti arnaqué, je me suis senti trahi, je me suis senti seul, comme laissé à moi-même. Le 9 décembre dernier, pendant que des milliers de personnes envahissaient les magasins en vue du grand jour, je n’avais aucune envie de festoyer, aucune envie de parler du froid qui se pointe, aucune envie de parler vacances. Depuis le 9 décembre dernier, j’ai le coeur qui veut éclater.

Je voudrais crier mais personne n’entendrait mes cris. Je voudrais pleurer mais personne ne verrait mes larmes. Alors je me tais et je refoule mes larmes. Ne me reste que le clavier pour m’exprimer.

Le 9 décembre dernier, alors que ma blonde terminait les décorations de Noël, à garnir et retoucher pour une centième fois le sapin, là-bas, à l’autre bout de l’autoroute 40, tôt le matin, dans un petit salon bleu, des hommes et des femmes que je croyais mes défenseurs m’ont trahi, passant outre la volonté de centaines de milliers de personnes et m’enfonçant dans la gorge une loi qui me dépossédera encore un peu plus de ce qui me reste de pays.

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