Normand Chatigny, Michel Héroux, Denys Larose et Jean-Noël Tremblay / Huffington Post :

L’impasse dans le déroulement des audiences de l’Office National de l’énergie (ONÉ) concernant le projet d’Énergie-Est, de construire un oléoduc de l’Alberta jusqu’au Nouveau-Brunswick, dépasse le simple débat de procédure. En fait, la confiance dans l’Office n’est plus là depuis que le gouvernement Harper a trafiqué son mandat pour en faire ce qui ressemble plutôt à un organisme de relations publiques. D’ailleurs, on pourrait considérer la pratique de cet organisme à ce que Normand Baillargeon appelle un « terreau propagandiste », se référant à ce que le journaliste Walter Lippmann disait de la Commission Creel. Il écrit : « Une révolution dans la pratique de la démocratie» où une « minorité intelligente », chargé du domaine politique, est responsable de « fabriquer le consentement » du peuple, lorsque la minorité des « hommes responsables » ne l’avaient pas d’office. » Suite à la petite visite de deux commissaires au bureau du lobbyiste Jean Charest, alors au service de la firme Énergie Est, le doute s’est installé. Il n’y a plus, pour ainsi dire, de probité intellectuelle et de pertinence dans la démarche de l’ONÉ, comme on dirait qu’il n’y a plus d’apparence de justice. L’Institution, ne l’oublions pas, a le mandat d’aviser le gouvernement fédéral quant à l’opportunité d’autoriser ou non le projet d’oléoduc lequel est pour le moins sérieusement remis en question. La récusation des trois commissaires ne change en rien le fond de la question et n’élimine pas le doute qui est maintenant en place. (…)

Quand sur tout projet de société, on sent que derrière le débat public qui en découle, se profile une industrie de relations publiques ayant reçu le mandat ferme de fabriquer ou façonner et contrôler l’opinion publique jusqu’au vote de la populace, le doute, un doute sérieux s’installe dans beaucoup d’esprits, en plus du cynisme.

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