Louise Hénault-Éthier, Chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki / Opinion, La Presse :

Il y a quelques jours, la série d’Ici Explora Les aventures du Pharmachien s’est penchée sur l’alimentation bio. Il y a beaucoup de mythes à déboulonner à ce sujet.

L’angle de vue était clairement énoncé en ouverture : l’émission porte sur la santé, non sur l’éthique, l’économie ou l’environnement. Après tout, l’animateur est un pharmacien et il reste dans son domaine de compétences.

Je ne suis pas spécialiste de la santé humaine, mais je voudrais compléter les réflexions du Pharmachien avec mon point de vue de biologiste avec sept ans de lectures et recherches sur les risques liés aux pesticides pour notre santé et notre environnement. Ce complément s’avère essentiel parce qu’après la diffusion, j’ai entendu plusieurs personnes dire : « Le Pharmachien a dit que le bio, c’est une gimmick. »

Si la principale motivation des consommateurs à l’heure d’opter pour des aliments biologiques est celle de se garder en santé, on ne peut pas se focaliser uniquement sur la qualité nutritive des aliments et les risques faibles et méconnus des petites doses de pesticides. Il faut une approche globale qui tient compte des effets cumulatifs et sur nos corps, et sur l’environnement.

Le principe de précaution

Tout d’abord, même si l’on connaît mal les effets exacts des pesticides à petite dose sur l’homme, et que les effets à court terme sont possiblement non diagnostiquables, il ne faut pas pour autant délaisser la prudence et le principe de précaution. Si de petites doses de certains pesticides s’accumulent dans le corps, une grande partie des pesticides est aussi excrétée très rapidement du système après avoir été transformée. Mais même si on les excrète, les petites doses quotidiennes peuvent avoir des effets, surtout pour les potentiels perturbateurs endocriniens.

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