Karl Rettino-Parazelli / Le Devoir :

Les résultats de la plus récente mise aux enchères du marché du carbone, qui a été boudée par les entreprises, ont suscité des réactions opposées : dans un camp, on doute de la survie du programme, alors que dans l’autre, on est convaincu qu’il tiendra tôt ou tard ses promesses. Qui dit vrai ? Pour le savoir, il faudra se montrer patient.

Le 1er mars, les responsables du Québec et de la Californie ont dévoilé les résultats de la dixième mise aux enchères collective de droits d’émission de gaz à effet de serre sans faire trop de bruit. Et pour cause : seulement 18 % des unités d’émission mises en vente le 22 février ont trouvé preneur, un recul considérable par rapport aux résultats obtenus lors des enchères de novembre 2016 (88 %) et août 2016 (35 %). Que s’est-il donc passé ?

Effondrement à venir ?

Le professeur de l’Université d’Ottawa Jean-Thomas Bernard, qui se spécialise en économie environnementale, croit qu’il est possible que les entreprises n’aient pas senti le besoin de se procurer des droits d’émission parce qu’elles ont fait le nécessaire pour se conformer aux exigences en matière d’émissions de GES. « Ce serait une bonne nouvelle, mais ça reste à voir », dit-il.

« L’autre possibilité, c’est que les entreprises pensent que le système va s’effondrer », laisse-t-il tomber, en montrant du doigt le débat qui fait actuellement rage en Californie.

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