Mathieu Perreault / La Presse :

La Terre se réchauffe parce qu’il y a plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ces gaz changent aussi la chimie des océans, qui deviennent plus acides. Quel sera l’effet de ce phénomène sur la faune et la flore marines ? Grâce à ses célèbres sources thermales, l’île d’Ischia, en Italie, constitue un laboratoire naturel pour le découvrir.

Il y a une dizaine d’années, Maria Cristina Gambi a eu une idée subite en lisant des articles sur un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations unies. Se pourrait-il que les eaux entourant la Station zoologique Anton Dohrn, où travaille la biologiste italienne, soient une fenêtre sur l’avenir ?

« On sait que plus il y aura de CO2 dans l’atmosphère, plus il y aura de CO2 dissous dans les océans et plus le pH des océans sera bas », explique Mme Gambi, jointe à Ischia, île balnéaire située en face de Naples. « Nous avons justement ici un système unique au monde : des sources thermales sous-marines qui laissent s’échapper un gaz composé à 95 % de CO2, à une température similaire à celle de l’eau de la mer. Normalement, les sources thermales sont plus chaudes et on ne peut départager l’effet de la chaleur et celui de l’acidification de l’eau. »

Les sources thermales d’Ischia sont liées au volcanisme du Vésuve, dont une célèbre éruption en l’an 79 a détruit la ville de Pompéi. L’acidification de l’eau fait craindre que les coraux, les mollusques et les crustacés ne parviennent plus à construire leur squelette.

Lire sur La Presse