Martin Croteau / La Presse :

(Québec) Le gouvernement Couillard reporte – encore – l’adoption de mesures permanentes pour protéger les milieux humides. Un nouveau délai qui déçoit l’opposition et les écologistes.

Les règles « temporaires », mises en place par le gouvernement Charest en 2012, resteront donc en vigueur jusqu’en mars 2018. Elles avaient été adoptées à toute vapeur après que la Cour supérieure eut invalidé les directives édictées par Québec pour protéger les marais, marécages et tourbières.

En 2015, le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a prolongé les mesures temporaires jusqu’à avril 2017. Il avait alors accusé le précédent gouvernement péquiste d’avoir laissé traîner le dossier.

Deux ans plus tard, le ministre a confirmé hier qu’il lui faudra une année supplémentaire pour accoucher d’une réforme permanente.

« Il nous fallait procéder à la modernisation de la Loi sur la qualité de l’environnement et nous concerter de manière plus poussée avec nos partenaires avant d’aller de l’avant avec une proposition de nouvelle loi concernant les milieux humides et hydriques », a indiqué le ministre dans un communiqué.

Même si le ministre ne l’affirme pas explicitement, tout indique que la grève des juristes de l’État a ralenti l’élaboration du nouveau projet de loi.

M. Heurtel a assuré que sa réforme sera présentée « incessamment ».

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La nouvelle a été accueillie avec déception par les écologistes, qui considèrent que le cadre réglementaire actuel est inadéquat.

« Dans un contexte où la superficie des milieux humides a dramatiquement décliné, offrir comme premier outil d’intervention un système de compensation est choquant », a dénoncé Alain Branchaud, directeur de la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec).

Jean-Paul Raîche, vice-président du Regroupement des organismes de bassins versants, a appelé le gouvernement à présenter une réforme au plus vite.

« Je ne sais pas si c’est de la négligence, mais c’est un manque de priorité, a-t-il déploré. La gestion de l’eau au Québec, on dirait que ce n’est pas une priorité pour le ministre Heurtel. »

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