ICI Radio-Canada avec CBC :

Un document rendu public récemment montre que 35 militants autochtones du Nouveau-Brunswick ont fait l’objet d’enquêtes secrètes de la GRC, qui les a inclus dans une liste d’individus qui représentent une menace potentielle à la sécurité publique.

Ces 35 militants ont participé aux manifestations contre le gaz de schiste dans le comté de Kent, au N.-B., en 2013. En tout, 89 militants autochtones au Canada sont réputés représenter une menace, selon l’enquête de la GRC. Le plus fort contingent vient du N.-B.

L’enquête de la GRC a duré un an et a été baptisée projet SITKA. Elle visait à « évaluer la menace posée par des individus ou des groupes (autochtones et non autochtones) susceptibles de se servir de tactiques illégales en lien avec des événements autochtones publics ».

Les autorités ont suivi les comptes de médias sociaux de leurs cibles, ont dressé une liste de leurs véhicules et de leurs numéros de téléphone, des organisations et des personnes avec qui elles étaient associées. Les enquêteurs ont aussi documenté leur participation à des manifestations sur une période de cinq ans. (…)

Le professeur Jeffrey Monaghan, de l’Institut de criminologie et de justice criminelle à l’Université Carleton, a obtenu le document grâce à la Loi sur l’accès à l’information. Il estime que ces enquêtes de la GRC violent des libertés civiles.

Ces activités sont protégées par la Charte, dit-il. Elles sont publiques, des événements politiques.
–Jeffrey Monaghan, Université Carleton

« À quelle sorte d’enquête se livre-t-on, demande-t-il. Une enquête criminelle? La police se sert d’outils et de ressources propres aux enquêtes criminelles pour faire une enquête quasi criminelle! […] Mais elle agit en marge des procédures qui ont cours dans le système de justice criminelle. »

Il estime que la GRC tente de déterminer en amont qui peut être susceptible de commettre des crimes dans le futur, en se fondant sur leur passé.

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