Michel David / Le Devoir :

Jean-Marc Fournier avait pourtant l’air décidé, jeudi dernier, quand il menaçait de s’adresser aux tribunaux si le gouvernement fédéral augmentait la garantie de prêt qu’il a déjà consentie en 2013 à Terre-Neuve pour financer le projet hydroélectrique de Muskrat Falls, qui se dirige tout droit vers un désastre. « Une décision inexplicable et inacceptable », disait le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes. Une « concurrence déloyale » pour Hydro-Québec, qui n’a jamais pu compter sur l’aide fédérale.

Jean-François Lisée exige une compensation. Compte tenu de sa population, l’équivalent de l’économie d’emprunt de 1,5 milliard réalisée par Terre-Neuve serait de 23 milliards pour le Québec, a-t-il calculé. Qu’un chef du PQ songe même à solliciter la participation d’Ottawa au financement des infrastructures d’Hydro-Québec a de quoi étonner. Si le fédéral ne l’a jamais fait, c’est qu’on n’a jamais voulu l’associer de près ou de loin à ce joyau de notre patrimoine.

Dans une lettre publiée en début de semaine, M. Fournier a d’ailleurs fait une remarquable volte-face. Plus question de poursuites ou de compensation. « La voie de l’avenir réside non pas en la judiciarisation du passé entre nos deux provinces, mais plutôt dans un dialogue constructif ouvert sur l’avenir envisageant une collaboration pour la mise en valeur de nos ressources hydroélectriques respectives. Il faut éviter d’ériger nos concitoyens les uns contre les autres, mais plutôt travailler à les rassembler en cherchant une formule avantageuse pour tous », écrit-il.

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