Gérald Fillion / ICI Radio-Canada :

C’est un véritable coup de pied dans le déni et dans la complaisance du Québec en matière d’environnement que nous sert le professeur Normand Mousseau dans son livre Gagner la guerre du climat : 12 mythes à déboulonner, aux Éditions Boréal.

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Si l’ex-coprésident de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec salue le grand choix socioéconomique de la province qui a été celui de miser sur l’hydroélectricité, il souligne que nous avons raté trop d’occasions de devenir ce que nous prétendons être : des leaders en matière d’énergie verte.

« Nous sommes tout simplement incapables, aujourd’hui, écrit de définir avec un tant soit peu de précision les technologies et les choix sociaux qui nous permettront de réduire de 80 % les émissions de GES des pays riches tout en continuant à améliorer notre qualité de vie. » Cet objectif de 80 %, c’est aussi celui du Québec en 2050, après celui de 2030, qui est de 37,5 % et pour lequel le plan détaillé se fait toujours attendre.

« Le principal défi que nous devons relever n’est pas l’approvisionnement en énergie, mais l’utilisation de cette dernière », dit le professeur Mousseau. Et il faut passer à l’action rapidement, selon lui, et cesser de donner l’impression à la population que ça se fera en douce, sans effets. C’est un mythe de croire que la réduction des gaz à effet de serre n’aura pas d’effets sur la qualité de vie. Une « rupture nécessaire » doit être acceptée pour changer les choses.

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L’Avantage : Normand Mousseau déboulonne les mythes sur le changement climatique

Climat: le Québec court à l’échec

Alexandre Shields / Le Devoir :

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(…)

Normand Mousseau, qui a longuement analysé la situation du Québec dans le cadre de la commission qu’il a coprésidée en 2013 et 2014, estime que ces nombreuses lacunes découlent de la « pauvreté organisationnelle » du gouvernement. Ce dernier, souligne-t-il en entrevue au Devoir, « est incapable d’évaluer la faisabilité de son plan d’action et de déterminer les chemins les plus prometteurs pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions de GES tout en assurant le développement économique et social de la province, dans un contexte mondial de transformation énergétique ».

Résultat : le gouvernement Couillard avance « à l’aveuglette » en misant sur des mesures coûteuses et inefficaces. Selon M. Mousseau, il existe de nombreux exemples d’investissements « insensés » réalisés à partir du Fonds vert, qui finance le Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques.

Il cite en exemple l’aide financière de 3,2 millions accordée en novembre pour l’achat de deux grues électriques au Port de Montréal. « On parle de coûts très élevés, de l’ordre de 1000 $ la tonne de CO2 évitée, pour des grues qui sont fabriquées à l’extérieur du Québec, déplore Normand Mousseau. C’est plusieurs fois le prix sur le marché du carbone. Pourtant, il existe d’autres endroits au Québec où les coûts des réductions seraient beaucoup plus faibles, et où on pourrait s’assurer de retombées économiques. »

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