Josée Blanchette / Le Devoir :

Par bonheur, il a le pied marin et les douches froides ne lui font pas peur. Chose certaine, le navigateur, cinéaste et biologiste Jean Lemire n’était déjà pas optimiste avant l’élection du président du deuxième plus gros émetteur de GES et du pays le plus puissant de la planète. On le traitait même de pessimiste, un empêcheur de rêver en rond. Depuis mercredi, le prophète de malheur est devenu un réaliste.

Je retrouve ce batailleur dans un resto du Chinatown. Sur fond d’élection américaine qui vient de porter un climatosceptique au pouvoir et de COP22, les vents sont contraires. « Je suis désolé de décevoir, mais on n’avance pas, on recule ! » dit celui que Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, a nommé ambassadeur honorifique de la vague verte.

Jean Lemire n’est malheureusement pas surpris des résultats de l’élection, les attribuant à la victoire du « petit monde » délaissé par l’élite. Il galère depuis 25 ans sur les eaux noires et les flots turquoise, suivant les baleines, frôlant l’orque et jouant avec les dauphins, s’immergeant dans le silence de la banquise, écoutant le fracas des glaciers qui nous rappellent que le thermomètre grimpe.

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