Shloime Perel / Le Devoir :

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En 2015, les conseils municipal et d’agglomération de Montréal se sont engagés à protéger 10 % de l’île de Montréal en tant que milieux naturels. Aucun échéancier, aucun budget ni même d’endroit n’a été arrêté. En fait, seuls 5,34 % de l’île sont protégés et seulement 2,2 % de ce total ont été ajoutés au cours des 25 dernières années.

C’est même le contraire que l’on vit : l’administration Coderre appuie la construction de 5500 logements dans le secteur de l’Anse-à-l’Orme à Pierrefonds, malgré ses zones humides, ses boisés et ses prairies qui abritent oiseaux migrateurs et animaux de toutes sortes. Nous avons cependant la possibilité de conserver ce vaste secteur à la riche biodiversité, une zone qui s’inscrit dans un territoire qui s’étend du refuge d’oiseaux de Senneville et fait un lien naturel à la rivière à l’Orme à l’ouest, au bois Angell au sud et au cap Saint-Jacques tout au nord.

Ladite rivière à l’Orme abrite une abondante population de poissons. Le projet résidentiel ne manquera pas de nuire à la pureté de son eau avec des décharges chimiques et des débris de toutes sortes. À son embouchure, sur le lac des Deux Montagnes, les zones humides sont un paradis pour les amphibiens, dont la tortue géographique, une espèce menacée.

En détruisant cet écosystème encore vierge pour la construction de 5500 logements — en fait la création d’une nouvelle ville à l’intérieur de Pierrefonds avec son infrastructure, sa pollution automobile et lumineuse et ses bruits —, nous détruirons une bonne partie de l’habitat de plus de 200 espèces d’oiseaux. Plusieurs de ces oiseaux migrateurs, dont les sites de nidification sont protégés en vertu de la Convention Canada–É.-U. concernant les oiseaux migrateurs adoptée en 1916, sont aussi protégés par des lois fédérales et provinciales sur les espèces menacées.

Une consultation cruciale et historique de l’Office de consultation publique de Montréal sur le conflit entre la conservation de la nature et la construction résidentielle aura lieu à Pierrefonds, en avril et en mai, à compter du 27 mars. Cela pourrait aider à décider du sort de la magnifique région naturelle de l’ouest de Pierrefonds.

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