Manon Cornellier / Le Devoir :

Les audiences sur le pipeline Énergie Est commencent à peine que l’Office national de l’énergie (ONE) doit faire face à une méfiance renouvelée de la part des opposants au controversé projet et par la faute de deux de ses commissaires assignés au dossier. Comment croire à leur impartialité après qu’ils ont eu des rencontres privées avec de futurs intervenants et Jean Charest, alors consultant auprès de TransCanada ? Le gouvernement libéral a beau avoir apporté des modifications au processus d’évaluation environnementale de plusieurs projets de pipelines, il reste qu’il se déroule toujours en vertu de la loi adoptée sous les conservateurs, une loi entachée par un préjugé systémique en faveur des promoteurs. Ces projets soulèvent une forte opposition, et celle des Québécois à celui d’Énergie Est n’est pas isolée. Des municipalités, des citoyens, des bandes autochtones, des groupes environnementaux s’inquiètent aussi au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, en Colombie-Britannique. Le dernier déversement en Saskatchewan ne fait rien pour les rassurer. (…)

Au sujet des rencontres avec les parties prenantes, le code des employés précise qu’« à moins qu’il ne s’agisse d’une réunion informelle et SANS RAPPORT [nous soulignons] avec une question qui sera portée devant l’Office, il faut dresser un ordre du jour et un procès-verbal de la réunion et les verser aux dossiers de la Gestion de l’information et technologie. […] Grâce au procès-verbal, [l’Office] pourra prouver que la discussion a été confinée aux sujets inscrits à l’ordre du jour. » On ajoute qu’« en raison du caractère confidentiel du processus décisionnel de l’Office et de l’importance pour celui-ci d’être vu comme étant équitable et impartial, certains types de réunion devront être approuvés au préalable. » Celles de janvier 2015 l’ont-elles été ?

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