Francine Pelletier / Le Devoir :

Le « plus grand projet de transport d’hydrocarbures dans l’histoire du Canada », l’oléoduc Énergie Est, bat dramatiquement de l’aile. La suspension des audiences publiques à Montréal cette semaine confirme non seulement la solide opposition au gigantesque pipeline, elle révèle également l’imbroglio entourant le projet. On voit maintenant qu’il ne s’agit plus simplement d’évaluer si le jeu en vaut la chandelle, si les bénéfices économiques dépassent les inconvénients environnementaux — ce dont doutent même les maires de Montréal et de Laval et l’Union des municipalités —, il s’agit également du manque de crédibilité de l’Office national de l’énergie ainsi que des tactiques suspectes de TransCanada, le promoteur du projet. Il n’y a plus qu’un problème, en d’autres mots, il y en a trois. (…)

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Refusant de prendre position vis-à-vis de l’oléoduc Énergie Est, le gouvernement Trudeau a jusqu’à maintenant jeté son dévolu sur le système d’évaluation et de surveillance. « Nous allons lui redonner des dents », avait-il promis lors des dernières élections. Un an plus tard, on constate que l’ONE a les culottes à terre et que TransCanada, elle, a toujours agi en délinquante. Pourquoi diable donnerait-on le feu vert à un tel cinéma ?

Énergie Est: nous ne sommes pas d’accord

Marcel Perron Neuville / Opinion, Le Devoir :

Pour donner leur accord, les gouvernements Trudeau et Couillard ont formulé des conditions d’acceptation ; la principale concernant l’acceptabilité sociale. Force est de constater qu’à ce chapitre, le dossier est sans appel du côté du rejet de cet oléoduc qui n’apporte rien au Québec : très peu d’emplois créés, 33 après la mise en terre du pipeline qui, rappelons-le, transportera 1,1 million de barils de pétrole par jour, dont la très grande majorité sera exportée. Mobilisons-nous pour affirmer haut et fort que l’on s’oppose à ce projet insensé. Que feront nos gouvernements ? Pencheront-ils du côté des intérêts particuliers ou seront-ils les défenseurs du bien commun ? Si c’est à ses fruits que l’on reconnaît la vigueur d’un arbre, il faut rappeler à nos députés que c’est le nombre de votes qui permet leur élection.

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