Jean-François Néron / Le Soleil :

(Québec) Le fleuve a été le théâtre dimanche d’une impressionnante opération maritime au cours de laquelle le Cecon Excellence, un bateau de 130 mètres, a été amarré sur le pont d’un bateau semi-submersible de 173 mètres à la pointe ouest de l’île d’Orléans.

La manoeuvre «très spéciale» a débuté en matinée lorsque deux remorqueurs du Groupe Océan ont toué le navire qui était amarré au chantier Davie, explique Philippe Filion, responsable des affaires publiques pour le groupe. «On assiste le Cecon parce que c’est une coquille vide. Il n’a aucun moyen de propulsion.»

Pendant ce temps, le navire semi-submersible Transshelf l’attendait sur la pointe ouest de l’île. La particularité de ce bateau de 173 mètres est qu’il est muni de ballasts qu’il remplit à volonté pour immerger son pont principal, qui s’apparente à une barge. Ainsi, il peut charger sa cargaison flottante, y compris des bateaux, en la faisant glisser sur l’eau. Il suffit ensuite de pomper l’eau à l’extérieur des ballasts, ce qu’on appelle le déballastage, pour faire remonter le navire à la surface.

En deux paragraphes, l’opération paraît presque trop simple. Pourtant, plusieurs défis se pointaient pour assurer sa réussite. «C’est un exercice de coordination assez compliqué, souligne M. Filion. Il fallait d’abord s’assurer de la disponibilité de quatre remorqueurs de Groupe Ocean. Ensuite, il fallait travailler en collaboration avec l’équipage du Transshelf. Mais surtout, nous devions nous assurer que les conditions de navigation étaient idéales pour ce genre de manoeuvre.»

Le point d’arrimage choisi tenait compte de la force de la marée, des courants, de la profondeur du fleuve et de la météo. Par exemple, il aurait été impossible de charger le Cecon par jour de grand vent. «La stabilité des deux navires impliqués est au coeur de l’opération», souligne M. Filion. Le plus puissant remorqueur du groupe, le Ocean Taiga, aidait le Transshelf à demeurer bien en place même s’il était ancré.

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