La Presse Canadienne :

L’ancienne première ministre Pauline Marois a défendu l’action de son gouvernement quant à l’exploitation pétrolière sur Anticosti, alors qu’elle s’apprêtait à assister à une soirée en hommage à l’ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, lundi soir, à Montréal. Réagissant à une remarque de la candidate à la direction du Parti québécois, Martine Ouellet, lors du débat de la veille, Mme Marois a dit que son gouvernement s’était assuré auprès d’entreprises pétrolières qu’au moins 50 % « des revenus, des profits, des redevances allaient revenir au Québec ». « Je vais lui laisser ses propres mots, ils lui appartiennent », a-t-elle dit, ajoutant que le gouvernement de Jean Charest avait « renoncé à ses droits sur Anticosti » et que l’intention du sien avait été de se les « réapproprier ». Mme Marois a par ailleurs soutenu que sa position avait toujours été de savoir, d’abord, s’il y avait des ressources à extraire et, ensuite, d’exiger la tenue d’une évaluation environnementale. (…)

Mme Ouellet a pour sa part démenti s’en être prise à Mme Marois, mais a réitéré que c’est cette dernière qui avait négocié l’entente. Elle a souligné qu’au moment où elle était ministre des Ressources naturelles et que le contrat a été signé, un débat persistait sur le moment propice à une évaluation environnementale.

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Anticosti: la signature de Ouellet était une erreur, déplore Serge Ménard

Marco Bélair-Cirino – Avec Philippe Orfali / Le Devoir :

L’ex-ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet a fait une entorse au principe de responsabilité ministérielle en signant, puis en dénonçant le contrat obligeant le gouvernement du Québec à prendre part aux travaux d’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti, estime Serge Ménard. L’ancien ministre de la Justice reproche à Mme Ouellet d’avoir apposé sa signature au bas de l’entente avec les entreprises Pétrolia, Corridor Resources et Maurel Prom.« C’était une erreur. Le Québec doit […] lutter contre le réchauffement de la planète. Et le Québec est l’un des pays qui ont les meilleurs outils pour le faire », a fait valoir M. Ménard, après avoir donné son appui à la campagne à la chefferie de Jean-François Lisée lundi. Parmi ces « outils », il y a l’hydroélectricité. « Dieu merci, l’électricité au Québec n’appartient pas à des intérêts financiers. Elle nous appartient à tous », a-t-il poursuivi, flanqué du député de Rosemont. Risquait-il une allusion à la proposition avancée par M. Lisée en 2008 de privatiser 25 % d’Hydro-Québec ? (…)

Sans s’excuser, Mme Ouellet aurait espéré « avoir plus de temps » pour s’expliquer, a-t-elle expliqué à son arrivée à cette même soirée-hommage, réitérant que la question d’Anticosti avait été un « boulet » pour son parti. « Je ne m’en suis pas pris à Mme Marois, c’était un fait. Je n’ai rien révélé lors du débat. […] Mais quand on a trois minutes d’échange, ça ne laisse pas beaucoup de temps [pour s’expliquer]. »

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