Guy Taillefer / Le Devoir :

Paris étouffe dans son nuage de smog ; Pékin aussi, où les autorités ont avisé vendredi dernier la population que la capitale chinoise entrait dans un épisode de pollution de l’air extrême qui allait durer cinq jours. En vertu des normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la quantité de particules polluantes dans l’air ne devrait pas dépasser en moyenne dix microgrammes par mètre cube. À Paris, la pollution a atteint ces derniers temps un pic cinq fois supérieur au plafond acceptable de l’OMS ; en Chine, les concentrations de particules fines ont atteint plus de 100 microgrammes par mètre cube, soit dix fois plus.

Les chiffres mesurent une catastrophe qu’il est de moins en moins possible de nier. Des études évaluent à environ un million par année le nombre de morts prématurées en Chine pour cause de pollution de l’air. La dictature chinoise, pourtant opaque par définition, a fait le pari d’une certaine transparence ces dernières années en matière environnementale en rendant publiques les informations sur la qualité de l’air. Devant les enjeux de pollution, il y a en Chine une certaine prise de conscience, à laquelle les pressions populaires ne sont d’ailleurs pas étrangères ; une conscientisation plus ample en tout cas qu’en Inde où l’on continue de faire l’autruche face à des maux environnementaux non moins chroniques.

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