Martin Croteau / La Presse :

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Le nombre d’accidents qui surviennent pendant le transport du pétrole augmente, révèle une étude rendue publique par Statistique Canada. Si bien que l’or noir est désormais la marchandise dangereuse la plus souvent impliquée dans des accidents. Le rapport, rendu public hier, révèle par ailleurs que le pétrole dérivé des sables bitumineux est encore plus polluant qu’on l’avait estimé jusqu’ici. Par camion, par bateau, par rail ou par pipeline, la quantité de pétrole qui est transportée au Canada ne cesse d’augmenter. Et les accidents sont en hausse eux aussi. « Le nombre d’accidents concernant des produits de pétrole brut a diminué après le ralentissement économique de 2008, mais il augmente constamment depuis et dépasse maintenant le nombre d’accidents concernant toutes les autres marchandises dangereuses », peut-on lire dans le rapport. On a dénombré un sommet de 283 accidents impliquant du brut en 2013, année de la tragédie de Lac-Mégantic. La tendance a semblé s’estomper en 2014. (…) Le pétrole bitumineux est plus polluant que le pétrole classique car il faut consommer de grandes quantités d’énergie pour chauffer le sable et en dégager le bitume. Lors de son étude du projet d’oléoduc Keystone XL, le département d’État américain avait calculé que le brut albertain émettait 17 % plus de gaz à effet de serre (GES) que le brut classique Mais l’écart est encore plus marqué, peut-on lire dans le rapport de Statistique Canada. L’organisme fait sien le calcul du Carnegie Endowment for International Peace, selon lequel le pétrole lourd non classique émet 50 % plus de GES que le brut léger.

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Note de Statistique Canada : EnviroStats: Le mouvement des sables bitumineux au Canada : production, distribution et répercussions du pétrole, 2005 à 2014