Alexandre Shields / Le Devoir :

Au moment où on débat du projet de loi qui encadrera l’exploration pétrolière et gazière au Québec, l’entreprise Pétrolia a annoncé jeudi matin le début de nouveaux travaux de forage dans le cadre du projet gazier Bourque, situé en Gaspésie. Le gouvernement Couillard a injecté 12,3 millions de dollars dans ce projet. Par voie de communiqué, l’entreprise a indiqué qu’elle mènerait d’abord des travaux d’exploration dans un puits déjà foré, en y ajoutant un « drain » horizontal de plus de 1750 mètres. Elle doit ensuite forer un « nouveau puits » à près de 1300 mètres, pour ensuite le poursuivre à l’horizontale, et ce, sur une distance de 1650 mètres. Une fois ces opérations terminées, « des tests de production seront effectués dans les deux puits successivement afin de connaître les données de production naturelle » de la formation géologique dans laquelle les puits ont été forés, à l’est de Murdochville. (…)

Le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de l’Énergie, Pierre Arcand, ont présenté le projet Bourque comme un bon projet pour le Québec, en misant sur le fait que le gaz naturel pourrait représenter une source d’énergie de « transition ». La nouvelle stratégie énergétique en fait d’ailleurs état. Une étude menée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a toutefois conclu que les gisements gaziers qu’on retrouverait en Gaspésie pourraient générer des émissions de gaz à effet de serre (GES) nettement plus importantes que ce qui a été dit jusqu’à présent pour faire la promotion de ces projets dits « conventionnels ». En fait, l’étude produite dans le cadre de l’évaluation environnementale stratégique (EES) souligne que les émissions de GES découlant de l’exploitation des structures Bourque, Galt et Haldimand (les trois cibles de l’exploration en Gaspésie) se situeraient« dans la moyenne des émissions liées à l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole de schiste nord-américain ». Le hic, c’est qu’il sera difficile d’avoir l’heure juste sur le bilan des émissions de GES des projets de Pétrolia et de Junex en Gaspésie, s’ils sont lancés un jour. Le gouvernement Couillard a décidé de les étudier uniquement dans le cadre de l’EES réalisée avant le dépôt du projet de loi sur les hydrocarbures. Aucune évaluation indépendante n’est prévue, par exemple sous l’égide du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

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Pétrolia : début des forages à Bourque

Geneviève Gélinas / Collaboration spéciale, Le Soleil :

Bourque HZ no 3 sera creusé à la verticale sur 1000 mètres avant de dévier vers l’horizontale sur 2150 mètres de plus. Si l’extraction de gaz se révèle rentable, Pétrolia et son partenaire Tugliq souhaitent l’expédier aux industries de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec.

Puits Haldimand : Gaspé inquiète

 Aux prises avec un projet pétrolier très avancé et controversé sur le territoire de sa municipalité, le maire de Gaspé, Daniel Côté, est pour sa part venu réitérer son souhait de voir le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) étudier le projet Haldimand, de Pétrolia. Selon M. Côté, le projet d’exploration se trouve « dans un milieu habité, à deux pas d’un quartier résidentiel et à trois pas du centre-ville ». Difficile, dans ce contexte, « d’obtenir l’acceptabilité sociale ». Le ministre Pierre Arcand ne s’est pas avancé sur la possibilité d’une évaluation du BAPE, jugeant que cette décision revient au ministre de l’Environnement. Il a toutefois admis que la situation particulière des forages à 350 mètres d’un quartier résidentiel constitue « une espèce de problématique ». M. Arcand a ajouté que le projet n’aurait peut-être pas vu le jour si les dispositions prévues dans le projet de loi 106 avaient déjà été en vigueur depuis quelques années. Mais dans les circonstances, Pétrolia bénéficie d’un « droit acquis ». « Ils ont déjà été présents. Ça pose un certain nombre de problèmes », a-t-il dit. Pétrolia mène présentement des tests de production sur le site de forage du projet Haldimand. Ces tests pourraient permettre de confirmer s’il existe un potentiel d’exploitation commerciale de pétrole dans le secteur.

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