Benoit Genest, Montréal / Opinion, Le Devoir : 

La semaine dernière, mon père a été heurté par une voiture pour une seconde fois. Heureusement, cette fois-ci sera la dernière, puisque son vélo sera définitivement « accroché ». Après des années de transport écolo (et après sa longue convalescence), sa résilience a été brisée, et il rejoindra malgré lui la horde d’automobilistes qui affluent dans la région de Valleyfield, en parfaite concomitance avec la construction de l’autoroute 30. À ma grande surprise, il n’était pas aigri à l’égard de l’automobiliste qui l’a frappé et estimait qu’un facteur comme l’aveuglement du soleil avait nui à la conduite somme toute prudente de cette dernière. Pour ma part, l’indulgence fait défaut. En tant que cycliste n’ayant même pas de permis de conduire, j’essaie de concevoir comment il me serait possible d’envoyer un homme à l’hôpital avec une double fracture du bassin, à moins peut-être de me servir d’un bâton de baseball. Or, un automobiliste peut faire bien pire, sans avoir ni le zèle ni l’intention coupable d’un criminel.

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