Brian Myles / Le Devoir :

L’étude du projet Énergie Est est compromise en raison des déficiences de l’ONE. Un examen de conscience est de mise. La suspension, pour une durée indéterminée, des audiences l’Office national de l’énergie (ONE) sur le projet Énergie Est marque une occasion inespérée de faire table rase du projet et de reprendre la discussion sur les seules bases qui comptent : le développement durable. Il n’y a qu’un mot pour qualifier le projet d’oléoduc Énergie Est : désarroi. Cette fois, la faute ne repose pas uniquement sur le promoteur du projet, TransCanada. L’ONE n’a pas su offrir une réponse rapide et adéquate à la controverse entourant la partialité alléguée de deux commissaires, Jacques Gauthier et Lyne Mercier. En janvier 2015, ces deux commissaires chargés de l’étude du projet et le président de l’ONE, Peter Watson, ont rencontré l’ancien premier ministre Jean Charest, reconverti en consultant pour TransCanada. Précision importante : ce n’est pas M. Charest qui a sollicité cette rencontre, mais plutôt le commissaire Gauthier. Ce manque de jugement flagrant des deux commissaires jetait déjà un doute sur leur capacité d’étudier le projet avec rigueur et impartialité. L’affaire aurait connu beaucoup moins de retentissement si l’ONE avait agi en fonction de « l’intérêt public canadien », comme l’exige son mandat. (…)

Si jamais les consultations reprennent un de ces jours, à la condition qu’elles soient exemptes d’irrégularités, il faudra que le développement durable et la protection de l’environnement pèsent autant que les intérêts des pétrolières dans l’analyse.