Alexandre Shields / Le Devoir :

Coup sur coup, des Premières Nations viennent de déposer deux recours judiciaires dans le but de bloquer des travaux sur des pipelines en visant directement le gouvernement fédéral. La fronde des autochtones ne cesse d’ailleurs de prendre de l’ampleur, dans un contexte où ceux-ci veulent plus que jamais faire reconnaître leur droit au « consentement » avant toute autorisation de ce type de projet.

pipelines_premieres-nations_justice_pf

Lundi, deux nations autochtones ontariennes ont déposé une demande d’injonction devant la Cour supérieure de la province dans le but de bloquer des travaux d’entretien prévus par TransCanada sur son « Mainline pipeline », un réseau de gazoducs qui traverse le pays d’ouest en est. Selon les Premières Nations, c’est d’ailleurs un gazoduc de ce réseau qui doit être converti en oléoduc dans le cadre du projet Énergie Est.

La demande d’injonction, qui doit être entendue le 25 janvier, souligne que TransCanada souhaite mener des travaux d’excavation sur le « territoire ancestral » des nations Aroland et Ginoogaming, au nord du lac Supérieur. Or, font-elles valoir, TransCanada, l’Office national de l’énergie et le gouvernement fédéral ne reconnaissent pas qu’ils ont un devoir « de consulter et d’accommoder » les Premières Nations avant d’autoriser de tels travaux.

« La Loi canadienne devrait exiger le consentement des Premières Nations avant que ce type d’activité puisse aller de l’avant, en accord avec la Déclaration des droits des peuples autochtones des Nations unies », a fait valoir lundi l’avocate des nations qui ont déposé la demande d’injonction, Kate Kempton. Selon elle, il faudrait « au minimum » mener « une consultation significative » et tenir compte des « préoccupations » des autochtones avant de songer à commencer les travaux.

Le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, a répondu qu’« en tant qu’exploitant responsable, un entretien régulier de notre infrastructure pipelinière sert les intérêts de tous ». Selon ce qu’il a aussi soutenu, les travaux prévus « n’ont rien à voir avec le projet Énergie Est ».

Lire sur Le Devoir