La Presse Canadienne :

Le ministre fédéral des Ressources naturelles a évoqué la possibilité de faire appel aux policiers et aux militaires si des manifestations non pacifiques devaient s’organiser contre les deux oléoducs qu’Ottawa vient d’approuver dans l’ouest du pays.

Les propos de Jim Carr, rapportés jeudi soir par le Edmonton Journal, ont fait bondir l’opposition néo-démocrate et bloquiste aux Communes, vendredi matin.

Le ministre s’était fait applaudir par l’assemblée d’hommes d’affaires albertains devant laquelle il a fait sa déclaration sur l’éventualité d’une intervention contre des manifestants environnementalistes.

« Si les gens choisissaient de ne pas être pacifiques, alors le gouvernement du Canada, par ses forces militaires, par ses forces de police, s’assurera de la sécurité des gens », avait-il déclaré, après avoir dit que la dissidence pacifique était bienvenue.

À Ottawa, vendredi, les collègues du ministre Carr se sont contentés de répéter que les Canadiens ont droit à la dissidence et aux manifestations. (…)

La députée bloquiste Monique Pauzé s’inquiète pour ce qui s’annonce si jamais le projet d’oléoduc Énergie Est était autorisé par Ottawa.

« Il y a beaucoup de résistance pour Énergie Est au Québec », a-t-elle rappelé.

« Le premier ministre et ce gouvernement-là avaient tellement suscité d’espoirs par rapport à l’environnement. Et ces espoirs-là, pour l’instant, passent vraiment à la trappe », a-t-elle ajouté.

« On a un ministre qui fait des menaces aux manifestants. Ayoye! », s’est-elle aussi exclamée.

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Jim Carr accusé de menacer les dissidents

Marie Vastel / Le Devoir :

Gaffe politique ou propos mal compris ? Le ministre des Ressources naturelles a été forcé de corriger le tir après qu’il eut affirmé à des gens d’affaires en Alberta que toute manifestation non pacifique contre les projets d’oléoducs serait contrée par la police. Une « menace inacceptable » et « exagérée », ont scandé partis d’opposition et écologistes.

Jim Carr participait à un déjeuner organisé par l’Alberta Enterprise Club, à Edmonton, jeudi, lorsqu’il a été question du projet d’oléoduc Kinder Morgan, que vient d’approuver le gouvernement Trudeau, et des risques que celui-ci fasse l’objet d’importantes manifestations. Certains des convives ont évoqué les manifestations qui paralysent depuis des mois la construction de sections d’un oléoduc près de la réserve autochtone de Standing Rock (Dakota du Nord). (…)

Les paroles du ministre ont beau avoir peut-être été mal interprétées, Steven Guilbeault, d’Équiterre, les juge « navrantes » et « déplacées ». « Ça attise pour rien et c’est vraiment contre-productif. » D’autant plus que le ministre a évoqué la répression pour contrer des manifestations violentes, alors que l’histoire canadienne compte plutôt des manifestations écologiques non violentes, a argué M. Guilbeault. « Ça n’a rien à voir avec la réalité canadienne. »

Patrick Bonin, de Greenpeace, est du même avis et estime qu’il s’agit d’une « menace déplacée ». Car, bien que le ministre Carr se soit défendu de lancer un avertissement aux manifestants, ses propos traduisaient bel et bien une menace, selon M. Bonin, puisque les Premières Nations et les groupes écologistes ont dit clairement qu’ils s’opposeraient au projet Kinder Morgan. « Pour nous, c’est certain qu’il faut qu’il y ait de la désobéissance non violente, lorsque les gouvernements sont rendus à prendre des décisions qui vont à l’encontre de l’intérêt des communautés et de la planète. »

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L’armée pour contrer les manifestations antipipelines ?

Guillaume St-Pierre / Agence QMI :

(…) Dans un échange de courriel avec l’Agence QMI, l’attaché de presse de Jim Carr a tenté de calmer le jeu en précisant la pensée de son patron.

«Le ministre Carr ne voulait pas insinuer que des mesures seraient prises contre des manifestants», a commenté Alexandre Deslongchamps.

«Nous savons que tous ne sont pas d’accord, et que le droit de manifester pacifiquement fait partie de nos droits et libertés fondamentaux», a ajouté le porte-parole.

Le gouvernement Trudeau a approuvé mardi deux projets d’oléoducs, dont celui hautement controversé de la pétrolière américaine Kinder Morgan, Trans Mountain.

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