Hélène Buzzetti / Le Devoir :

Le Sénat estime que les citoyens sont trop « émotifs » lorsque vient le temps de parler de pipelines. À ses yeux, l’exploitation des ressources fossiles est incontournable, alors mieux vaut transporter le produit par conduits, plus sécuritaires que les trains. Il propose de dépolitiser les approbations de projets en donnant à l’Office national de l’énergie le dernier mot dans le processus.

Le comité sénatorial des transports et des communications s’est penché sur l’infrastructure de transport du pétrole brut au Canada et en arrive à une conclusion catégorique : « La paralysie qui touche les pipelines n’est plus une option. Le gouvernement fédéral a l’obligation de tirer parti des abondantes ressources de notre pays au profit de tous les Canadiens », peut-on lire dans le rapport provisoire déposé mercredi.

Le sénateur indépendant Pierre-Hugues Boisvenu, qui a coprésenté le rapport avec ses collègues Terry Mercer (libéral) et Michael MacDonald (conservateur), en appelle à la raison. « Toute politique énergétique au Canada ne peut reposer sur un fond émotif et délaisser tous les raisonnements rigoureux et objectifs nécessaires », a-t-il plaidé en conférence de presse.

Selon M. Boisvenu, l’opposition virulente contre le projet Énergie Est exprimée au Québec « n’est pas une façon productive et saine de procéder ». « Ces gens-là qui s’opposent à l’exploitation du pétrole le font dans une optique sociale très engagée. Ça devient une cause. Ça devient un débat où la notion de science va disparaître. Je donnerais l’exemple d’un débat sur l’avortement ou la peine de mort. Les gens se campent dans des positions qui deviennent irréconciliables. »

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Énergie Est: un comité du sénat propose de «dépolitiser» le processus

(…) Le comité suggère ainsi de retirer la «responsabilité automatique» au conseil des ministres d’approuver ou non au final les projets de pipeline. La décision reviendrait plutôt à l’Office national de l’énergie (ONÉ), mais le gouvernement pourrait toutefois accepter de réviser la décision en mettant en place une forme de processus d’appel.

Les sénateurs recommandent aussi que le mandat de l’Office soit élargi pour inclure les émissions de gaz à effet de serre et d’autres aspects environnementaux en lien avec la construction de pipelines. Il propose aussi que soit nommé de façon permanente un représentant autochtone pour garantir que l’Office soit à l’écoute des préoccupations des Premières nations.

Selon le comité, le tracé d’Énergie Est devrait aussi se prolonger jusqu’au détroit de Canso en Nouvelle-Écosse, plutôt que d’arrêter aux raffineries du Nouveau-Brunswick, ce qui permettrait de réduire l’incidence environnementale du projet dans la baie de Fundy.

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Faciliter le transport de pétrole brut par oléoducs

ICI Radio-Canada

Le Comité sénatorial des transports et des communications rendra public ce matin son rapport préliminaire sur la stratégie visant à faciliter le transport de pétrole brut par pipelines au Canada. La grande majorité du pétrole exporté par le Canada va vers les États-Unis, où le pétrole se vend à un prix plus faible que sur d’autres marchés mondiaux. Le comité présentera les recommandations ainsi que les risques et les opportunités relatifs aux diverses options et projets proposés en matière de transport de pétrole brut. Pour analyser les recommandations de ce comité, Pierre-Hugues Boisvenu, sénateur conservateur membre du comité.

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