Charles Côté / La Presse :

Ils ont été chassés jusqu’au bord de l’extinction. Les pêcheurs les détestaient, au point d’utiliser des bombes – subventionnées par l’État – pour les effrayer. Dans les années 20, le gouvernement du Québec versait une récompense de 15 $ par carcasse. Les bélugas du Saint-Laurent ont connu des heures bien difficiles. Et aujourd’hui, ils sont sur le point de disparaître. De nos jours, qu’est-ce qui menace le « canari des mers » ? C’est un peu les touristes et plaisanciers qui les aiment… à mourir. « On m’a dit que dans la baie Sainte-Marguerite, des Sea-Doo sont montés littéralement sur le dos des bélugas », s’insurge Daniel Martineau, professeur à l’école vétérinaire de l’Université de Montréal. Cette anecdote est vraie, et il y en a bien d’autres, confirme Robert Michaud, du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM). Il affirme que réglementer la navigation de plaisance et d’observation, c’est peut-être la priorité pour sauver le béluga, dont le statut d’espèce en voie de disparition a été confirmé cette semaine par le gouvernement fédéral. « Minimiser le dérangement, c’est ce qui va être le plus payant à court terme », dit M. Michaud.

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