Alexandre Shields / Le Devoir avec l’AFP :

Le constat a de quoi susciter des inquiétudes. Si rien n’est fait pour réduire la pollution provoquée par l’accumulation de plastique dans les océans, ces derniers contiendront une masse plus importante de plastique que de poissons d’ici 2050. Des multinationales ont d’ailleurs décidé lundi d’appuyer un appel à l’action, dans le cadre du Forum économique mondial de Davos.

C’est la navigatrice britannique Ellen MacArthur, connue pour avoir battu le record du tour du monde à la voile en 2005, qui a d’abord lancé cet appel en faveur d’une meilleure utilisation et d’un meilleur recyclage du plastique, une matière omniprésente dans nos vies quotidiennes. De grandes entreprises comme Unilever, Danone et Dow Chemical ont décidé de faire écho à cet appel, à la veille de l’ouverture du Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

Selon les données présentées dans un communiqué publié lundi, 20 % de la production mondiale de plastique pourrait être réutilisée, tandis que 50 % pourrait être recyclée. Mais « sans une nouvelle conception fondamentale, les 30 % restants des emballages plastique [en poids] ne seront jamais recyclés », a expliqué l’organisation internationale dans un communiqué publié lundi.

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Ajout :

Plus de plastique que de poisson dans les océans ? Vraiment ?

Jean-François Cliche / Le Soleil :

Dans la foulée de l’élection de Donald Trump, on a souvent entendu, ces derniers mois, que le cerveau humain accorde beaucoup plus d’importance aux trames narratives qu’aux faits et à leur véracité. «Le Donald» en a fait ses choux gras de bien des manières cet automne, mais il n’a rien inventé. En fait, à ma connaissance, il existe fort peu de sujets qui le prouvent aussi bien, depuis aussi longtemps et avec autant de régularité que les histoires de plastique dans les océans.

Je ne dis pas que ce n’est pas un problème réel — il est vrai qu’il y a pas mal de plastique dans les mers, qu’il se concentre en quelques endroits des océans et qu’on ignore l’étendue des conséquences qu’il peut avoir sur les écosystèmes. On trouve assez souvent des morceaux de plastique dans l’estomac d’animaux marins pour qu’il soit légitime de se demander si ce n’est pas une source de mortalité significative, au moins pour certaines espèces comme les tortues et certains cétacés, qui confondent les sacs avec des méduses dont ils se nourrissent.

Mais la façon dont on parle de cette question, surtout dans les médias, est absolument fascinante — encore que «morbidement» serait peut-être un adverbe plus approprié ici, vous me direz ce que vous en pensez. Ainsi est-il courant de lire qu’il y a des «îles», voire des «continents» de plastique qui s’accumulent dans les gyres subtropicales, soit des endroits où les courants océaniques font tourner l’eau en rond. Et l’on prend toujours bien soin d’accompagner ces topos de photos d’étendues d’eau totalement couvertes de plastique, alors qu’en fait, même dans les pires secteurs, la concentration des morceaux de toutes tailles tourne autour de 400 grammes par kilomètre carré flottant à la surface de l’eau. Il faut bien lire grammes et km2, ici, parce qu’il n’y a vraiment aucune île de plastique là-dedans, et encore moins un continent.

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