Marcel Groleau, président général, UPA / Opinion, Le Devoir :

La valeur des terres a connu une hausse de 800% depuis 20 ans

La seule avenue pour corriger les problèmes liés à la taxation foncière agricole est la mise en place d’une table de travail impliquant la Fédération québécoise des municipalités, l’UPA et les ministères concernés.

Depuis plusieurs années, le gouvernement du Québec fait la sourde oreille à cette demande répétée de l’Union. La crise provoquée par le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, et sa réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) est de deux ordres. Celle-ci aggrave la situation en augmentant le fardeau fiscal des producteurs et, surtout, ne règle rien des enjeux principaux.

La valeur des terres agricoles a connu une hausse de 800 % depuis 20 ans et a doublé ces cinq dernières années. L’une des raisons de cette inflation est le mode d’évaluation du foncier agricole. En appliquant le même principe d’évaluation pour le foncier agricole que celui utilisé pour le résidentiel, on accentue cette inflation.

Il s’agit pourtant de deux marchés complètement différents. Contrairement à la maison du voisin, la terre agricole voisine est souvent la seule possibilité de croissance pour une entreprise agricole. Cette terre représente une occasion exceptionnelle, ce qui lui confère une valeur unique bien au-delà des rendements qu’elle peut générer. Cependant, par rapport à l’ensemble des terres vendues, il s’agit d’achats à la marge par des entreprises déjà en production. L’arrivée sur le marché des fonds d’investissement n’a fait qu’augmenter cette pression. (…)

L’augmentation importante du prix des terres et, conséquemment, des taxes municipales, devient un réel enjeu pour l’avenir de la ferme familiale. Le revenu net des entreprises agricoles est de plus en plus accaparé par le coût des taxes. Avec cette réforme, le coût moyen des taxes pour les producteurs aura doublé en dix ans.

L’analyse de Luc Godbout — nommé par Québec le 30 décembre pour mesurer les impacts de la réforme — ne changera rien à la situation. Nous le répétons depuis plusieurs années : il est nécessaire de revoir toute la taxation foncière agricole.

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