Texte collectif* / Le Devoir :

Dans un contexte planétaire où les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont le résultat d’une dépendance massive aux carburants fossiles, la minimisation des risques financiers, environnementaux et sociaux des changements climatiques passe par l’adoption de politiques de substitution énergétique drastiques. Cas enviable à l’échelle internationale, quasiment la moitié de la consommation d’énergie totale du Québec et 99 % de son électricité provient déjà de sources renouvelables. Hydro-Québec prévoit des surplus de 8,3 TWh/an en moyenne jusqu’en 2023. Une politique énergétique moderne ne devrait-elle donc pas tirer avantage d’une telle situation pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles ? Le Québec ne pourrait-il pas mieux se positionner aujourd’hui comme un leader mondial de l’électrification des transports ?

Le gouvernement déclare dans la Politique énergétique du Québec (PEQ) 2030 que l’électrification des transports et l’efficacité énergétique sont deux de ses plus grandes priorités. Or, les budgets qui leur sont consacrés sont loin des 3,4 milliards de dollars investis seulement en 2015 par Hydro-Québec dans le projet La Romaine. Pourquoi la PEQ2030 privilégie-t-elle de nouveaux complexes hydroélectriques, alors qu’Hydro-Québec affirme que la filière éolienne est maintenant compétitive avec les « nouvelles productions classiques » ?

(…)

L’enjeu est de mettre en oeuvre un nouveau pacte social, tel que celui entrepris dans les années 1960 et de se donner un plan d’électrification réfléchi et responsable faisant partie d’une stratégie de transport plus globale et efficace. Ce qu’il faut pour réussir ce défi, c’est une volonté politique de placer les priorités au bon endroit.

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*Signataires :
Louis-Étienne Boudreault : Ing., Ph. D.
Gilles Bourque : Ph. D., chercheur à l’Institut de recherche en économie contemporaine.
Simon-Philippe Breton : Ph. D., Université d’Uppsala, Suède.
Évariste Feurtey : Ph. D, Sciences de l’environnement, Université du Québec à Rimouski. Cochercheur du rapport de recherche Développement territorial et filière éolienne.
Réal Reid: Ingénieur, spécialiste en énergie.
Carol Saucier : sociologue, professeur retraité, Département sociétés, territoires et développement, Université du Québec à Rimouski, chercheur principal du rapport de recherche Développement territorial et filière éolienne, CRDT, 2009.
Bernard Saulnier : ingénieur à la retraite, Institut de recherche d’Hydro-Québec (1977-2006).
Lucie Sauvé : professeure titulaire, directrice du Centre de recherche en éducation et formations relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté.