Annie Morin  / Le Soleil :

(Québec) «Il n’y a aucun, aucun, aucun avantage à construire le pont de l’île d’Orléans en PPP du point de vue du contribuable.»

La députée Agnès Maltais était on ne peut plus catégorique, lundi, après avoir appris dans Le Soleil que le gouvernement du Québec embauchera des consultants pour étudier tous les modes de réalisation possibles – du public au privé en passant par un mélange des deux – pour le futur pont à haubans de l’île d’Orléans.

Selon la représentante de Taschereau, la décision du gouvernement de Pauline Marois de ne pas procéder à l’analyse des modes de réalisation est encore bonne car «il ne peut pas y avoir d’économie dans un dossier comme ça, sans péage». Quand il était aux commandes des Transports, en 2014, son collègue Sylvain Gaudreault avait statué qu’un PPP «n’était pas envisageable».

La péquiste appuie sa certitude sur le fait que le gouvernement a accès à des taux d’intérêt plus bas que ceux des entreprises, lesquelles doivent en plus dégager des profits. «Or, au bout de la ligne, c’est le contribuable qui paie» la différence, martèle Mme Maltais.

Celle-ci craint de nouveaux délais dans le projet. Annoncé d’abord pour 2020, puis 2022, le pont doit être prêt en 2024. «Moi, j’ai bien peur que ça remette en question 2024. C’est sûr que ça va ajouter du temps au compteur. Alors que l’année dernière, tout le monde avait fait des interventions en disant qu’il est temps d’aller en appel d’offres pour le pont, là on lance un appel d’offres pour faire des analyses, ça n’a pas de bon sens», a déploré Mme Maltais en entrevue téléphonique.

La politicienne s’interroge sur les motivations des libéraux : «Ou bien ils font exprès pour retarder et on ne comprend pas pourquoi. C’est pas là qu’ils veulent mettre l’argent à Québec alors que c’est une nécessité. Ou bien ils ont eu des pressions de la part d’entreprises de construction pour faire un pont, pour être dans un partenariat public-privé. Et je pense que le gouvernement a été assez échaudé avec ça, il ne devrait pas laisser de doute dans la population sur le fait qu’il soit encore lié à des entreprises de construction.»

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PPP à l’étude pour le pont de l’île

(Québec) Le gouvernement du Québec étudiera tous les modes de réalisation possibles pour le futur pont de l’île d’Orléans. L’option privilégiée jusqu’à maintenant était celle d’une construction et d’une exploitation par le secteur public. S’ajoutent les hypothèses de confier le projet au privé ou de le réaliser en partenariat public-privé (PPP). Pas question de péage toutefois.

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a lancé le 24 novembre un appel d’offres pour des conseillers spécialisés en finances et en économie qui se verront confier un «mandat d’analyse des modes de réalisation» pour le dossier d’affaires du pont de l’île d’Orléans. Cela en tout respect de la Directive sur la gestion des projets d’infrastructure publique, qui «établit un cadre systématique d’analyse des grands projets» pour un meilleur contrôle des coûts et des échéanciers.

L’objet du contrat va comme suit : «Accompagner et offrir de l’expertise dans le domaine de l’analyse des risques et de l’analyse financière permettant au ministère d’évaluer le projet du nouveau pont à haubans qui va relier l’île d’Orléans à la rive nord du fleuve Saint-Laurent, selon les divers modes de réalisation, et de choisir le mode optimal de réalisation du projet qui permettra de dégager notamment la meilleure valeur ajoutée pour les fonds publics investis.»

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