Pierre-Paul Biron / Le Journal de Québec :

L’organisme Nature Québec demande au Port de Québec d’arrêter de faire la promotion de son projet Beauport 2020 avant que les autorités n’aient pu faire la lumière sur les questions environnementales entourant l’agrandissement des installations portuaires.

Le directeur général de Nature Québec déplore que l’Administration portuaire de Québec (APQ) organise sa propre journée d’information lundi prochain, deux semaines avant les séances publiques prévues par l’Agence canadienne d’évaluation environnementale.

«Pourquoi l’Administration portuaire de Québec travaille-t-elle en double du processus officiel et tente de le devancer, si ce n’est que pour prendre le contrôle du message? Essaie-t-elle de faire pression sur l’ACEE? D’obtenir la faveur des élus avant même les conclusions de l’évaluation», questionne Christian Simard, qui décrit l’événement de lundi comme une «opération de relations publiques».

Le directeur général du Port, Mario Girard, a défendu vendredi la tenue d’une journée d’information, parlant d’un «engagement» à diffuser l’information. «La journée portes ouvertes qu’on tient le 16 janvier, c’est sur une base volontaire qu’on l’organise, on est là pour répondre aux questions des gens, aux préoccupations des gens», a rétorqué le dirigeant.

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Nature Québec invite le Port à cesser son «marketing»

Annie Morin / Le Soleil :

Christian Simard, directeur général de Nature Québec, se demande pourquoi l’APQ organise lundi une journée de présentation de l’étude d’impact environnemental qui vient tout juste d’être approuvée et rendue publique par l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE).

«C’est en dehors du processus, ça sème la confusion. C’est une technique de relations publiques qu’on trouve un peu grossière», lance M. Simard.

Il rappelle que l’agence fédérale organise elle-même «en toute neutralité» une séance d’information de type portes ouvertes avec des kiosques thématiques le 31 janvier, puis deux séances publiques avec modérateur les 1er et 2 février, à l’Hôtel Ambassadeur de Beauport dans tous les cas. «Ils [les fonctionnaires] ne vont pas faire la promotion, mais l’explication du projet», fait ressortir le dg de Nature Québec.

A contrario, M. Simard a l’impression que le Port «veut mettre l’agence et les corps publics devant le fait accompli» et «figer le projet dans le ciment, le présenter comme nettement favorable parce que ça va créer des milliers d’emplois alors que ça n’a pas été contre-expertisé».

Lui-même doute du besoin pour de nouvelles installations et suggère qu’il serait «peut-être plus valable» de restaurer et optimiser les installations actuelles plutôt que de construire un quai neuf en empiétant 17 hectares sur le fleuve.

Aux citoyens qui répondront à l’appel du Port lundi, M. Simard suggère «d’être critique, de poser des questions». Il appelle également les politiciens à la prudence. «Il ne peut y avoir de prise de position avant qu’on ait examiné le projet, sinon on méprise notre propre processus d’évaluation environnementale», fait-il valoir.

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