Brigitte Breton / Le Soleil :

ÉDITORIAL / Le gouvernement Couillard ne cherche pas les polémiques avec Ottawa, mais il pourrait difficilement ne pas porter en appel la décision rendue par la Cour supérieure, voulant que les lois environnementales du Québec ne s’appliquent pas au Port de Québec. Politiquement, les libéraux feraient un cadeau inespéré aux souverainistes s’ils acceptaient la conclusion du juge Gilles Blanchet dans la cause impliquant l’Administration portuaire de Québec et IMTT-Québec. Philippe Couillard n’est certes pas des plus revendicatifs auprès d’Ottawa. Il y a néanmoins des limites à ce qu’une province se laisse tasser, accepte de restreindre ses pouvoirs et de délaisser son expertise. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’environnement et de la santé de ses citoyens. Monsieur et madame Tout-le-Monde ont peu d’intérêt pour les chicanes provinciales-fédérales et ne passent pas des heures à s’interroger si le fédéralisme canadien doit être centralisateur ou plus coopératif. Le jour où des poussières rouges de nickel s’accumulent sur leur balcon, le jour où ils se demandent si les activités actuelles ou futures du port ne seront pas néfastes pour leur environnement ou leur santé, ils se tournent toutefois spontanément vers les autorités provinciales et le ministère de l’Environnement. Pas vers Ottawa. Or, avec la récente décision de la Cour supérieure, le ministère québécois de l’Environnement n’aurait plus rien à faire et à dire sur le territoire du Port de Québec. IMTT prétendait depuis 2008 pouvoir construire des réservoirs de produits pétroliers sur les terrains du Port de Québec sans devoir se soumettre à la Loi sur la qualité de l’environnement. Pas de certification d’autorisation à obtenir de Québec, pas de BAPE, pas d’étude d’impact à fournir, pas d’inspection à craindre, pas de normes québécoises à respecter.

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