Alexandre Shields avec Hélène Buzzetti et Marie Vastel / Le Devoir :

L’imposition par le fédéral d’un prix plancher pour la tonne d’émissions de carbone contrarie les provinces et les territoires

Présentée par Justin Trudeau comme le moyen le plus efficace de réduire les émissions canadiennes de gaz à effet de serre, l’imposition d’un prix obligatoire sur le carbone a fait dérailler la rencontre des ministres de l’Environnement du pays lundi à Montréal. Trois provinces ont même quitté la salle en critiquant sévèrement la décision du fédéral, qui a pris tout le monde de court. Alors qu’il prenait la parole aux Communes en réaffirmant la volonté de son gouvernement de ratifier rapidement l’Accord de Paris sur les changements climatiques, le premier ministre Justin Trudeau a fait savoir qu’Ottawa imposera un prix sur le carbone fixé à 10 $ la tonne aux provinces qui n’auront pas mis en place un système de tarification d’ici 2018. Le prix augmentera par la suite de 10 $ par année, pour atteindre 50 $ en 2022.

Les provinces pourront aussi, comme le Québec l’a déjà fait, mettre en place un système de plafonnement et d’échange des émissions. Ce système devra toutefois permettre d’atteindre la cible nationale de réduction des émissions de gaz à effet de serre, soit une réduction de 30 % d’ici 2030, par rapport à 2005. Et tous les revenus perçus par la taxe carbone resteront dans la province où les émissions ont été émises. « Parce que la pollution traverse les frontières, toutes les provinces doivent faire leur part », a fait valoir M. Trudeau. « Après des décennies d’inaction, après des années d’opportunités manquées, nous allons finalement prendre des mesures concrètes et réelles », a-t-il également souligné.

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Taxe carbone: des provinces dénoncent une décision «unilatérale»

La Presse Canadienne :

Alors que le premier ministre Justin Trudeau annonçait, lundi, qu’une taxe carbone sera imposée dès 2018, les ministres de l’Environnement du pays étaient réunis à Montréal avec leur homologue fédérale Catherine McKenna pour discuter, justement, d’un prix sur la carbone. L’initiative ne fait pas que des heureux. La Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador ont d’ailleurs claqué la porte avant la fin de la rencontre.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, l’un des plus fervents détracteur de l’idée d’une tarification sur le carbone, a qualifié « d’unilatérale » l’initiative de M. Trudeau. Selon lui, il fait preuve d’un manque de respect « stupéfiant » à l’égard des provinces et territoires. Le ministre du Yukon, Currie Dixon, a affirmé que « l’air avait été aspiré de la pièce » au moment de l’annonce de M. Trudeau, ajoutant qu’il s’agissait là d’une façon étrange de construire une politique de collaboration.

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Sélection des meilleurs tweets sur la rencontre

Un prix plancher pour le carbone au Canada

La Presse Canadienne :

(…)Signe que les partis d’opposition ont été pris de court par l’annonce de M. Trudeau, les chefs intérimaires conservateur et néo-démocrate, Rona Ambrose et Thomas Mulcair, n’étaient pas en Chambre pour réagir. Le député conservateur Ed Fast a soutenu que le fédéral s’ingérait ainsi dans les compétences du Canada. La néo-démocrate Linda Duncan a quant à elle déploré que les libéraux aient choisi d’aller de l’avant avec les cibles de réductions de GES adoptées par les conservateurs. La chef du Parti vert, Elizabeth May, a salué l’initiative de M. Trudeau, mais elle juge trop basse la taxe de 10 $ pour 2018. Le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de GES de 30 % d’ici 2030, par rapport au niveau de 2005.

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Le Canada imposera une taxe carbone en 2018

Joël-Denis Bellavance / La Presse :

Le premier ministre québécois Philippe Couillard s’est réjoui de la décision d’Ottawa de ne pas imposer son modèle aux provinces qui préfèrent participer à un marché du carbone. «L’annonce reconnait l’autonomie (des provinces) et la flexibilité dans la fédération pour que chaque formule puisse aller de l’avant, que ce soit une taxe, comme certains le font, ou un marché du carbone» comme celui du Québec, a-t-il affirmé. M. Couillard continue néanmoins de croire que le marché du carbone est préférable à une taxe. «Il est à notre avis beaucoup moins négatif sur l’économie qu’une taxe puisse l’être. Et la bonne nouvelle, c’est que l’Ontario se joint au marché du carbone, le Mexique est intéressé, la Chine va avoir un marché national prochainement. Ce qui progresse sur la planète, c’est le marché du carbone, et le Québec a de quoi s’en réjouir», a ajouté le premier ministre québécois.

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