Jean-Robert Sansfaçon / Le Devoir :

Les premiers ministres des provinces et territoires réunis au Yukon ont réitéré leur opposition à l’idée de Justin Trudeau d’introduire une taxe fédérale sur le carbone. (…) Dans une entrevue accordée quelques heures avant la rencontre des premiers ministres provinciaux, la semaine dernière, Justin Trudeau a rappelé sa préférence pour une taxe nationale sur le carbone. En soi, l’idée n’est pas mauvaise puisque le meilleur moyen de réduire la consommation d’un bien, c’est d’en augmenter le prix. Le problème, c’est qu’Ottawa a tant tardé avant d’intervenir dans le dossier du climat que chaque province a déjà choisi sa voie. La Colombie-Britannique a introduit une taxe sur le carbone ; le Québec et l’Ontario ont adhéré à la bourse du carbone avec la Californie ; l’Alberta impose une taxe et fixe un plafond aux émissions des pétrolières ; la Saskatchewan mise sur le captage de CO2, etc. Toutes ces politiques ne se valent pas et ne rapporteront pas les résultats attendus. L’Alberta continuera d’extraire de plus en plus de pétrole, l’Ontario de produire des véhicules et le Québec d’en acheter… mais ces petites contradictions mises à part, personne ne veut qu’Ottawa dédouble ses efforts et chacun exige qu’on tienne compte de son bilan dans le partage de l’objectif à atteindre. Sans oublier le fait que les provinces ne veulent pas, non plus, qu’Ottawa récolte le produit d’une nouvelle taxe et définisse lui-même l’usage qu’il en fera.

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