Denise Campillo, Roxton Falls :

Pas de vacances pour les écolos cet été. Et comme les citoyens ordinaires sont de plus en plus nombreux à rejoindre leurs rangs et à se mobiliser pour défendre l’avenir de leurs enfants, ça fait beaucoup de Québécois qui voient leurs vacances gâchées!

Par quoi? Pourquoi? Parce que le gouvernement Couillard a planté une bombe, le 7 juin dernier, en déposant son projet de loi 106 (Loi concernant la mise en œuvre de la Politique énergétique 2030 et modifiant diverses dispositions législatives) juste avant la fin de la session parlementaire. Et il a chargé une commission d’examiner ce projet de loi dès le 16 août 2016.

Pourquoi cette hâte? Le gouvernement veut mettre en œuvre rapidement sa Politique énergétique 2030. C’est fort louable, d’autant que cette politique, rendue publique en avril, comporte de nombreux aspects pertinents et axés sur le développement durable et la lutte contre les changements climatiques. Mais elle comporte aussi des « petits caractères » : c’est la partie qui concerne « L’exploitation responsable des hydrocarbures au Québec ». Énoncé étonnant pour un gouvernement qui met de l’avant la transition énergétique!

Dans le contexte planétaire actuel, les scientifiques s’entendent sur le fait qu’il ne doit pas y avoir de nouvelle exploitation de ressources fossiles, et surtout pas de ressources non conventionnelles comme le pétrole et le gaz de schiste. L’exploitation de ces hydrocarbures serait donc irresponsable, et viendrait réduire à néant toutes les belles intentions de la Politique énergétique.

Mais le projet de loi 106 inclut une nouvelle Loi sur les hydrocarbures qui donne carte blanche aux pétrolières et aux gazières, qui retire aux municipalités leurs pouvoirs en matière de gestion de leur territoire et de leurs ressources en eau, et qui menace d’expropriation les propriétaires qui refuseraient des forages sur leur terrain.

On croit rêver – ou plutôt cauchemarder. Comment nos élus peuvent-ils élaborer des lois aussi rétrogrades, qui briment nos libertés et qui vont à l’encontre de tous les engagements pris en matière de lutte contre les changements climatiques et d’économie verte? Ils veulent faire du Québec une pétroéconomie? L’exemple de l’Alberta ne leur donne pas à réfléchir, avec son chapelet de problèmes environnementaux, économiques, sociaux? Ou bien le gouvernement actuel est-il une annexe des conseils d’administration des pétrolières et des gazières?

Dans ce contexte, pas de vacances pour les citoyens engagés, conscients du danger qui les menace et de leur devoir d’entraver l’action irresponsable et toxique du gouvernement. Partout au Québec, ils se renseignent, se rassemblent, se mobilisent.

Bon été à nos élus!