Alexandre Shields / Le Devoir :

Même si elles constituent des territoires naturels d’une grande richesse fréquentés par les amants de la nature, les réserves fauniques du Québec peuvent être ciblées librement par les compagnies pétrolières. Pas moins de quatre d’entre elles sont d’ailleurs couvertes par des permis d’exploration, a constaté Le Devoir. Le gouvernement Couillard n’entend pas révoquer ces permis. Sans tambour ni trompette, les entreprises qui lorgnent le potentiel en énergies fossiles du sous-sol québécois ont pu mettre la main sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés de permis d’exploration au cours de la dernière décennie. (…)

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Interpellée par Le Devoir mercredi, la SEPAQ a simplement reconnu que le statut accordé aux réserves fauniques « n’exclut pas d’autres types d’activités ». Même son de cloche du côté du cabinet de Laurent Lessard, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs. « Contrairement au réseau de parcs nationaux, il est possible d’exploiter des ressources naturelles dans les réserves fauniques du Québec. À titre d’exemple, des coupes forestières sont autorisées annuellement dans certains secteurs de réserves fauniques », a répondu par écrit son attaché de presse, Mathieu Gaudreault. Ce dernier a également précisé que la délivrance des permis d’exploration relève du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. Mais en cas de projet pétrolier, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs « est consulté et peut mentionner ses préoccupations quant à la conservation et à la mise en valeur de la faune »« En somme, lorsque les processus écologiques, la protection des habitats fauniques réglementés et le maintien de la qualité de l’expérience en réserves fauniques sont préservés, l’exploration peut être considérée comme compatible avec la mission de protection », a également fait valoir M. Gaudreault. Est-ce que le gouvernement entend révoquer les permis d’exploration en vigueur dans les réserves fauniques ? « Actuellement, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs n’entend pas demander la révocation des permis d’exploitations », a répondu le cabinet du ministre Lessard.

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