Isabelle Porter / Le Devoir :

La Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) a adopté mardi la version définitive de son règlement pour protéger le lac Saint-Charles, principal réservoir d’eau potable de la ville de Québec. Une dernière mouture toutefois beaucoup moins sévère que l’originale.

Le conseiller de la CMQ qui a conçu le règlement, François Morneau, ne cachait pas sa déception mardi lors de la présentation du plan. « Oui c’est décevant, a-t-il dit. On part de loin en matière de sensibilisation. »

Contrairement à ce qui avait été annoncé au départ, les nouvelles installations septiques ne seront pas bannies du territoire. On pourra notamment en aménager en zone montagneuse si le terrain est déjà loti sous certaines conditions (déboisement limité, construction seulement sur les parties du terrain les moins en pente, etc.).

Stoneham a nettement abusé de la situation
–Régis Labeaume, maire de Québec et président de la Communauté métropolitaine de Québec

Seule la ceinture du lac Saint-Charles restera entièrement protégée, avec une interdiction de construire sur 500 mètres. Dans le reste du bassin versant, les fosses septiques seront aussi tolérées pour les terrains lotis, à condition qu’ils fassent plus de 1500 m2 et que le déboisement soit limité.

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Règlement sur l’eau potable : Assouplissements finaux pour les propriétaires

Monica Lalancette / Québec Hebdo :

DÉVELOPPEMENT. Les propriétaires qui veulent se construire dans les fortes pentes du bassin versant du lac Saint-Charles pourront le faire. La Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) pose néanmoins ses dernières conditions.

Pour construire dans les fortes pentes, il faudra que tous les bâtiments puissent être implantés sur un « plateau naturel » dont l’inclinaison ne dépassera pas 10%. Pour qu’une nouvelle rue soit ouverte, on exigera par ailleurs un raccord à l’égout. Les fosses septiques seront par ailleurs acceptées sur les terrains lotis avant le 20 octobre 2016.

Les règles sont en revanche nettement plus strictes pour les lots situés en dehors du périmètre urbain. Aucun terrain de moins de 10 000 m2 ne pourra se développer et en forte pente, on pousse jusqu’à 50 000 m2. Dans tous les cas, le déboisement ne pourra pas dépasser 1000 m2.

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Des matières polluantes traitées en amont de la prise d’eau

Isabelle Porter / Le Devoir :

Malgré toutes les précautions prises à Québec pour protéger la prise d’eau, l’entreprise Englobe décontamine des déchets polluants dans l’un des sites les plus fragiles du bassin versant. Et ce, avec l’accord du ministère du Développement durable.

Situé au 15989 du boulevard de la Colline, le site se trouve à l’ouest de la rivière Saint-Charles. On y fait ce qu’on appelle de la « bioventilation » : on amène sur le site des sols contaminés (par des produits pétroliers, par exemple), puis on les décontamine de façon biologique en y injectant de l’air pour stimuler la biodégradation des contaminants par les micro-organismes.

La Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), qui gère le dossier de l’eau potable, est préoccupée par la présence de ce genre de sites, mais souligne qu’ils ne relèvent pas d’elle. Ces centres « font partie intégrante du passif environnemental du bassin versant de la prise d’eau de la rivière Saint-Charles, a fait savoir la porte-parole de la CMQ, Émilie Bruneau. Les normes du RCI [Règlement de contrôle intermédiaire] s’appliqueront uniquement aux nouvelles industries qui désirent s’implanter dans les bassins versants des prises d’eau. »

Selon nos informations, le site exploité par Englobe abritait antérieurement une sablière, ce qui en fait une zone particulièrement à risque pour le bassin versant, parce qu’il est très perméable. Englobe est une firme spécialisée en génie des sols et de l’environnement. Elle est propriétaire du terrain depuis 1997. On traite par ailleurs des sols contaminés à cet endroit depuis 1991, selon le ministère.

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