F.Pierre Gingrass, Ex-chef planification et coûts, construction de centrales, Hydro-Québec, Prévost / Opinion, La Presse :

Dans les médias de Terre-Neuve depuis plus d’une année, le sujet le plus brûlant sur les plans politique et économique est celui du projet hydroélectrique de Muskrat Falls, sur le Bas-Churchill. La situation est devenue catastrophique au point où le coût projeté de 7 milliards est maintenant estimé à 14 milliards, certains médias proposant même d’arrêter tout simplement les travaux. Structures effondrées, centaines de kilomètres de lignes à reprendre, tout y passe.

Terre-Neuve n’a même pas jugé opportun de faire appel à des firmes de gestion d’envergure alors qu’Hydro-Québec l’avait fait avec Bechtel et Lavalin pour la Baie-James, et ce, malgré ses réalisations antérieures. Cette situation est catastrophique pour une population d’à peine 530 000 personnes, surtout avec la dégringolade simultanée du prix du pétrole qui s’ajoute.

Or, on se souviendra que le gouvernement Harper s’était permis de garantir les emprunts de 7 milliards de dollars requis à l’origine pour financer ce projet, ce qui avait pour but d’en faire diminuer le taux de financement. Des questions se posent. Jusqu’à quel point le gouvernement du Canada est-il responsable d’éponger ce dégât ? Quelles mesures avait-on prises au départ pour s’assurer du réalisme des estimations et de la qualité de la gestion ? En ferons-nous les frais, nous qui n’avons jamais profité d’un tel soutien du gouvernement du Canada ? « Bien mal acquis ne profite jamais », surtout lorsque « les yeux sont plus grands que la panse ». On se rappellera que le Labrador a été arraché au Québec (et au Canada) par le Conseil privé de Londres en 1927, à la suite des manigances de certains financiers, pour être rattaché à Terre-Neuve, alors colonie britannique, et ce, sans la moindre réaction du gouvernement du Canada.

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Muskrat Falls n’est pas à vendre, clame Terre-Neuve

Terre-Neuve-et-Labrador rejette du revers de la main l’idée lancée par un ancien haut dirigeant d’Hydro-Québec, dans un texte d’opinion du quotidien La Presse. Pierre Gingras y affirme que la solution au fiasco de Muskrat Falls consiste, pour le Québec, à reprendre le Labrador et à offrir de l’électricité en échange à T.-N.-L. Le chef de l’opposition officielle à Terre-Neuve, Paul Davis, a qualifié cette proposition de « scandaleuse » et laissé entendre que le gouvernement provincial s’y intéressait malgré tout. La ministre des Ressources naturelles, Siobhan Coady, a démenti par communiqué que des discussions avaient lieu au sujet de l’éventuelle cession du barrage hydroélectrique de Muskrat Falls à Hydro-Québec. « Il n’y a pas de discussions entre ce gouvernement et celui du Québec comme le prétend l’opposition officielle, a-t-elle déclaré. Ils sont mal renseignés [l’opposition]. Ils ont tout faux. »

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