Michel C. Auger, Midi Info / ICI Radio-Canada :

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement est venu jeter une douche d’eau glacée sur le projet de Réseau électrique métropolitain de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Et le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal n’ont qu’eux-mêmes à blâmer.

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D’entrée de jeu, le message de Couillard et Coderre était clair : le projet était « la Baie-James de notre temps », disait M. Couillard. Il allait « faire briller Montréal à nouveau », enchérissait M. Coderre. La discussion était terminée avant d’être ouverte. Les gouvernements allaient être de plus grands promoteurs du projet que le promoteur lui-même.

On a donc refusé de donner voix au chapitre aux experts au ministère des Transports, à l’AMT ou à la STM. Pas étonnant que Messieurs Couillard et Coderre disent maintenant à l’unisson qu’ils n’ont pas envie d’écouter le BAPE qui pose deux questions pourtant essentielles pour tout projet de ce type.

La première rejoint le titre d’un livre à la mode : « En a-t-on vraiment besoin? »

La seconde est le corollaire de la première : « Est-ce le meilleur investissement que l’on puisse faire en transport en commun dans la région de Montréal? »

Heureusement que le BAPE a fait son travail et a mis le doigt sur les problèmes que les gouvernements ont préféré ignorer.

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Revue de presse sur le rapport du BAPE

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«À qui profite ce projet-là?» Manon Massé sur le REM

98,5 FM :

(98,5 FM) – Québec solidaire demande au gouvernement de mettre de côté le projet de train rapide (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) suite à la publication du rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)

Manon Massé, députée de Québec solidaire (QS) dans Ste-Marie-St-Jacques, était à Week-end extra dimanche matin pour expliquer la position de son parti.

«Il (le projet) ne répond pas aux objectifs de la population, c’est-à-dire, des meilleurs déplacements, a-t-elle pointé à l’animateur Matthieu Beaumont. Il ne répond pas aux objectifs de diminution des gaz à effet de serre et en plus il facilite l’étalement urbain alors tout le monde en 2017, sait très bien qu’l faut densifier les territoires et non les étaler.»

Manon Massé s’insurge parce que le gouvernement passera probablement outre au rapport du BAPE pour qui de nombreuses questions importantes n’ont pas eu de réponses de la part du promoteur.

«Les citoyens n’ont pas beaucoup de mécanismes pour se protéger contre des décisions qui pourraient être abusives de la part d’un gouvernement, notamment en matière de construction et transports, estime-t-elle.»

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Un REM imparfait

Brian Myles / Le Devoir :

Malgré ses imperfections, le Réseau électrique métropolitain (REM) pourrait dynamiser l’organisation des transports collectifs dans la grande région de Montréal. À la condition de parfaire le projet. (…)

Selon les études fournies par CDPQ infra, la part du transfert modal de l’automobile vers le REM serait minime. D’où proviendront les usagers du REM ? Des autres sociétés de transport, selon toute vraisemblance. Malgré tout le battage entourant le REM, les 67 kilomètres de rail qui seront ajoutés sur le réseau ne permettront pas à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) d’atteindre son objectif, qui consiste à hausser de 23 % à 30 % la part modale des déplacements effectués en transport en commun à la période de pointe du matin d’ici 2021.

En toute logique, un projet qui ne contribuera pas à l’accroissement du transport en commun sera aussi dépourvu d’impact quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La réduction anticipée des GES attribuable au REM (16 800 t. éq. CO2/an) correspondra à un famélique 0,15 % du bilan de la CMM. Ces gains pourraient être plus importants si le REM entraîne un accroissement de l’achalandage.

Il y a lieu de se demander à quoi servira un investissement de six milliards de dollars dans les transports collectifs s’il ne génère qu’un impact marginal sur leur utilisation. La Caisse de dépôt ne sera jamais une société d’exploitation des transports publics. Elle s’intéresse beaucoup moins aux enjeux de mobilité qu’à la captation de la plus-value foncière sur les projets immobiliers qui naîtront le long des tracés dans l’ouest de l’île et dans l’axe du pont Champlain.

Si le REM n’est que la locomotive d’un vaste projet de développement immobilier au bénéfice de la CDPQ et des villes de banlieue avoisinantes, il ne sera guère utile, car il encouragera encore l’étalement urbain.

Il y a une place pour le REM dans l’organisation des transports métropolitains. Mais avant d’aller de l’avant, le gouvernement et la Caisse devraient étudier sérieusement le rapport du BAPE. Ce projet est perfectible.

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