Luc Gagnon, président d’Option transport durable, Jean-François Boisvert, Coalition Climat-Montréal et Anthony Frayne, consultant en financement et tarifs et ancien régisseur à la Régie de l’énergie / Opinion, Le Devoir :

À la suite du lancement du projet de Réseau électrique métropolitain (REM), la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) n’a présenté aucune information détaillée sur les investissements de 5,5 milliards de dollars. Aucune information n’était fournie concernant les investissements de chaque tronçon, les coûts d’exploitation, les tarifs et les effets du projet sur l’aménagement du territoire.

Ces informations sont importantes pour justifier le projet, puisque les promoteurs semblent avoir choisi la technologie la plus chère (le Skytrain), avec un tracé qui dessert de nombreux quartiers de faible densité ; ainsi, il est probable que les coûts par passager se révèlent être parmi les plus élevés au monde. Nous attendions donc avec impatience l’étude d’impacts, qui vient tout juste d’être rendue publique. Malheureusement, les promoteurs y maintiennent leur stratégie des cachotteries financières et économiques. L’étude d’impact aurait dû répondre aux questions suivantes (comme ces enjeux sont très importants, nous fournissons quelques réponses préliminaires, en fonction des données internationales et celles de l’AMT et de la STM).

Quelle est la valeur du tunnel du Mont-Royal que le REM s’approprie de façon exclusive ? En se basant sur les coûts de construction des tunnels de métro, il s’agit d’une subvention publique d’une valeur supérieure à 1 milliard. (…)

Lorsqu’il s’agit d’investir des milliards en fonds publics, le développement durable exige de comparer la performance de diverses options. Sans cette étape essentielle, le Québec pourrait investir 8 milliards dans un projet qui ne contribue aucunement à ses grands objectifs économiques et environnementaux.

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