Pauline Gravel / Le Devoir :

Les rennes de l’Arctique ne sont pas seulement d’une aide inestimable pour le père Noël qui doit livrer des cadeaux aux quatre coins du globe, ils contribuent aussi à freiner le réchauffement climatique en broutant les arbustes de la toundra qui absorbent le rayonnement solaire, révèle une étude effectuée en Norvège.

Plusieurs études ont montré que le réchauffement global a entraîné au cours des dernières décennies une augmentation de la végétation dans l’Arctique. Or, cet accroissement du couvert végétal a eu pour effet de diminuer l’albédo, c’est-à-dire le pouvoir réfléchissant de la surface de la Terre, et de ce fait, la quantité de rayonnement solaire reçu à la surface de la Terre qui est réfléchie par celle-ci vers l’espace. Une diminution de l’albédo a eu pour conséquence d’augmenter l’absorption de ce même rayonnement par la surface de la Terre et de produire un réchauffement régional, lequel a favorisé la croissance des arbustes.

Des chercheurs de l’Université d’Umeå, dans le nord de la Suède, ont voulu évaluer l’influence que pouvaient exercer les rennes sauvages et domestiques qui paissent dans la toundra arctique sur le bilan énergétique à la surface du sol. Pour ce faire, ils ont procédé à des mesures de terrain dans le parc national de Reisa, dans le comté de Troms, en Norvège. Ils ont mesuré l’albédo, la température, l’intensité du broutage et du piétinement de la végétation par les rennes, et l’indice de surface foliaire par unité de surface de sol, dans quatre parcelles de végétation clôturées qui avaient été abondamment ou très peu broutées par les rennes, et qui par conséquent se distinguaient par la taille et l’abondance des arbustes qui y prospéraient. L’ensemble de ces mesures a été intégré à une modélisation informatique de la surface terrestre.

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