François Desjardins / Le Devoir :

La tarification du carbone en Alberta et ailleurs au Canada n’aura pas du tout l’effet d’une douche froide sur l’industrie des sables bitumineux, estime la Banque TD, car le développement des projets dépend avant tout de facteurs comme le cours du pétrole et l’accès aux infrastructures d’exportation.

Cette analyse survient alors que deux autres provinces, le Manitoba et la Nouvelle-Écosse, ont adhéré lundi au plan d’Ottawa visant à implanter une stratégie pancanadienne pour réduire les émissions de 30 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005.

Le gouvernement albertain a déjà l’intention d’imposer une taxe carbone de 20 $ la tonne dès le 1er janvier 2017 et la fera passer à 30 $ l’année suivante. Par la suite, le prix augmentera de 2 % par année, plus l’inflation. Pour les producteurs, cela pourrait avoir un impact de 75 ¢ le baril sur les coûts.

Or la vision du gouvernement Trudeau va plus loin. Elle souhaite un prix pancanadien de 10 $ la tonne en 2018 et une hausse de 10 $ par année, jusqu’à 50 $ la tonne en 2022. Si l’Alberta suivait ce plan à la lettre, l’effet sur les producteurs se traduirait par un coût supplémentaire pouvant grimper à 1,25 $ le baril.

« Le coût véritable par baril ne semble pas exorbitant si les producteurs sont indemnisés comme prévu », a écrit l’économiste Dina Ignjatovic dans une note d’analyse transmise aux clients.

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