Jean-Robert Sansfaçon / Le Devoir :

Après quelques mois de consultations, le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Parlement fédéral refuse de recommander l’étiquetage obligatoire du premier animal modifié génétiquement destiné à la consommation humaine, le saumon AquAdvantage™. Une belle hypocrisie.

En mai dernier, le Canada fut le premier pays à autoriser la production pour consommation humaine d’un animal modifié génétiquement. Le saumon AquAdvantage™ inventé par AquaBounty Canada est un saumon de l’Atlantique auquel on a ajouté deux gènes d’espèces différentes, l’un tiré du saumon Coho, l’autre de la loquette d’Amérique, une anguille de roche. Il s’agit donc d’un animal breveté dont les droits de reproduction sont protégés par les lois sur la propriété intellectuelle au même titre qu’un objet de consommation.

Santé Canada a pris cette décision après avoir analysé les études produites par la compagnie, sans faire elle-même ses propres études comme c’est désormais la règle à Ottawa. En conclusion, Santé Canada a jugé le nouveau produit sans danger pour la santé humaine, point.

De son côté, Environnement Canada a aussi jugé le nouveau poisson sans risque pour l’environnement, pourvu que les oeufs modifiés en laboratoire soient par la suite élevés dans les installations confinées de la compagnie pour éviter tout contact avec le saumon naturel. (…)

À la lecture des témoignages entendus au cours des audiences du Comité permanent de l’agriculture, on ne comprend pas la résistance des députés libéraux et conservateurs à proposer l’adoption d’une loi pour l’étiquetage obligatoire du saumon AquAdvantage™ et de tout autre produit de consommation alimentaire contenant des OGM. Seuls les députés du Nouveau Parti démocratique ont présenté un rapport complémentaire en ce sens, rappelant aux autres députés qu’à ce jour, 64 pays, dont la Nouvelle-Zélande et l’Australie, ainsi que l’Union européenne et l’État du Vermont (qui a dû défendre sa loi devant les tribunaux), imposent l’étiquetage des OGM.

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Un comité canadien recommande de ne pas étiqueter le saumon OGM

Stéphanie Bérubé / La Presse :

Ottawa a approuvé en mai dernier la commercialisation d’un saumon génétiquement modifié, le premier animal transgénique destiné à la consommation humaine. Mais il sera peut-être impossible de le reconnaître sur les tablettes de la poissonnerie.

C’est du moins ce que recommande le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire, qui vient de déposer son rapport sur les animaux génétiquement modifiés destinés à la consommation humaine. Au grand dam de certains groupes écologistes, le Comité ne recommande pas l’étiquetage obligatoire de ce poisson lorsqu’il sera commercialisé, puisque des études ont démontré qu’il ne pose pas de problème pour la santé des consommateurs.

« La majorité des Canadiens demandent l’étiquetage obligatoire des OGM. C’est possible de le faire, et il faut le faire », déplore la députée néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau, qui était pourtant vice-présidente du Comité qui a étudié la question. Mme Brosseau a déposé un rapport complémentaire dans lequel elle explique sa dissidence sur cette question. Le Nouveau Parti démocratique est favorable à l’étiquetage des OGM, qu’ils soient végétaux ou animaux.

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