Bertrand Schepper, IRIS / Le Journal de Montréal :

Disons-le, les derniers jours ont été pénibles pour les usagers et usagères de la Société de transport de Montréal (STM). Non seulement le service de transport en commun a connu trois pannes de métro en trois jours la semaine dernière, ce qui en faisait sa pire semaine en quatre ans, mais la STM a également dû essuyer les critiques liées à sa piètre gestion lors de la première neige lundi dernier.

Rappelons que, alors que le métro était immobilisé, 200 autobus sont restésau garage pendant plus d’une heure en pleine heure de pointe. Tout ça à cause de problèmes de paperasse. Finalement, récemment on apprenait qu’il y’avait une explosion des dépenses en heures supplémentaires des chauffeurs causée par le refus de la STM de faire de nouvelles embauches.

Bref, la STM paraît mal par les temps qui courent, et plusieurs améliorations doivent être apportées pour assurer un bon service. Par contre, avant de déchirer sa chemise et de proposer la privatisation, il me semble sain de prendre un pas en arrière et de regarder la situation dans son ensemble.

D’une part, il n’y a pas si longtemps (en 2010), la STM était considérée comme la meilleure société de transport en Amérique du Nord par l’American Public Transportation Association. Elle a depuis reçu plusieurs autres distinctions, dont une mention d’excellence en sécurité et en développement durable en 2014, ce qui en fait l’une des sociétés de transport en commun les plus en vue sur la scène nord-américaine.

D’autre part, son rapport annuel de 2015 indique que 85 % des usagères et usagers se disent satisfaits du service offert par la STM (p. 14). De plus, bien que son rendement ait souffert dans la dernière semaine, le métro est à l’heure 98 % du temps, et les incidents de plus de cinq minutes sont majoritairement liés au comportement de la clientèle (p. 20). Bref, on peut bien faire le « running gag » que la STM est toujours en panne, la vérité est tout autre.

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