Patrick Campeau / Le Journal de Montréal :

Depuis près de 40 ans, les zones d’exploitation contrôlée (les zecs) offrent des services liés à la pratique d’activités récréatives en forêt sur des territoires publics.

Le 22 décembre 1977, le monde de la chasse et de la pêche connaissait un véritable remaniement qui avait pour but de redonner le sol québécois à son peuple, quand le ministre du Loisir, de la Chasse et de la Pêche de l’époque, Yves Duhaime, sous la gouverne de René Lévesque, a alors eu le courage d’abolir tous les clubs privés.

Tous les baux à droits exclusifs n’avaient pas été renouvelés, sauf ceux des pourvoiries commerciales. Le gouvernement avait choisi de remettre la gestion et l’exploitation du territoire public à des associations et de les aider pour leur financement. (…)

Sous entente protocolaire avec le MFFP, ces zones d’exploitation contrôlées sont confiées à des organismes sans but lucratif. Depuis 39 ans, pour s’autofinancer, elles bénéficient d’un droit de commerce permettant, entre autres, la location d’espaces et de terrains pour la pratique du camping sur un emplacement assigné.

Selon Alain Houle, président de la zec Maison-de-Pierre, vice-président de la régionale des Hautes-Laurentides et membre élu du comité de gouvernance de Zec Québec, plusieurs organismes de ce patrimoine québécois sont menacés de fermer et de disparaître du fait de l’inertie du ministère concerné et de ses hauts fonctionnai­res depuis plusieurs années.

Depuis la création des zecs, les autorités gouvernementales ont toujours été au fait des installations en forêt et aucun problème majeur en ce qui a trait à la réglementation ou du côté de l’environnement n’a été soulevé. Si cela avait été le cas, les instances ministérielles seraient intervenues depuis belle lurette.

À la surprise générale, sur invitation du MFFP, un nouveau joueur est venu mêler les cartes, le ministère de l’Environnement. Sans crier gare, même si les fonctionnaires étaient au courant des installations de camping en forêt depuis des décennies, ils ont informé les administrateurs des zecs qu’ils devraient se conformer sans sursis à la réglementation en vigueur. Ainsi, ils ont été sommés d’installer des fosses septiques pour chaque camping comportant un certain nombre de sites et de bâtir un système d’aqueduc pour l’alimentation en eau des usagers.

Devant ce projet, les principaux intéressés ont demandé à ce ministère s’il allait leur accorder un délai raisonnable de cinq ans, tout comme l’autorisait par le passé le MFFP. Au moment de mettre sous presse, ils n’avaient toujours pas reçu de réponse à cet égard.

M. Houle m’indiquait que ce type d’intervention exigerait plusieurs millions de dollars d’investissement en infrastructures pour près de 10 000 emplacements dans l’ensemble des zecs avec un coût estimatif de 6000 $ à 6500 $ par site. Il va de soi que, par manque de ressources financières, plusieurs administrateurs bénévoles de zecs remettront la clé sous la porte de leurs installations si aucune proposition de financement, de subvention et d’étalement raisonnable dans le processus de conformité n’est proposée.

Lire sur Le Journal de Montréal