Denis de Belleval – O. Q., ex-ministre des Transports du Québec, ex-président de VIA Rail Canada :

Les autorités publiques doivent reprendre la maîtrise de ce dossier et revenir au concept initial d’un tramway

Il y a une éternité, M. Poëti étant ministre des Transports, le gouvernement du Québec hésitait à financer l’installation d’un tramway sur le nouveau pont Champlain. Cher, très cher ! La nature ayant horreur du vide, la Caisse de dépôt a pris l’initiative de proposer son propre projet. Baptisé REM, le rejeton de la Caisse devrait non seulement relier le quartier Dix30 du Grand Longueuil à la gare Centrale, mais se prolonger jusqu’à l’aéroport de Dorval via le tunnel sous le mont Royal. Le tout autofinancé par la Caisse. Génial ! (…)

Au départ, la Caisse devait financer son projet à même les revenus de la tarification et les rentes du développement immobilier autour des stations. On parle maintenant d’une proportion inconnue d’un coût total qui augmente sans cesse, évalué présentement à 5,5 milliards de dollars. Non seulement l’État devra-t-il maintenant fournir au moins la moitié de cette somme, mais cette proportion risque d’augmenter, car la Caisse devra s’assurer que les revenus de la tarification et de la rente immobilière seront suffisants pour rentabiliser sa part du financement. Quant aux correspondances entre le réseau existant et le REM, elles entraîneront pour les usagers une double tarification. Sinon, l’État ou les contribuables des villes de l’agglomération devront assumer les coûts de l’intégration tarifaire en plus de subventionner la tarification du REM.

 Somme toute, il en coûterait moins cher au ministre des Finances d’assumer lui-même l’ensemble du financement, car le taux de ses emprunts est moins élevé que le taux de rendement qu’exigera la Caisse pour sa part du coût du projet. Revenons au bon sens : cette idée de financer ce projet à coût moindre via la Caisse est irréalisable.

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