André Dubuc / La Presse :

L’avis critique du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) portant sur le train électrique de la Caisse de dépôt a ses mérites, a dit le chef du Parti québécois Jean-François Lisée, qui demande que l’on suspende le projet pour quelques semaines le temps de répondre aux questions soulevées.

«Lorsqu’il y a des questions de fond qui sont posées, est-ce qu’on peut prendre quelques semaines pour y répondre?», a-t-il répondu à une question de Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui l’a questionné après son allocution.

Le chef de l’opposition officielle y présentait jeudi midi son programme économique qu’il entend mettre de l’avant lors de la prochaine campagne électorale.

«Les décisions doivent être les plus rapides et efficaces que possibles, mais fondées sur les faits», a poursuivi M. Lisée dans sa réponse sur le Réseau électrique métropolitain (REM). Le député de Rosemont a pris soin de dire qu’il se réjouissait de l’investissement de 5 milliards dans le transport en commun à Montréal.

Mais il n’a pas aimé la façon dont le BAPE a été rejeté du revers de la main par un certain nombre de gens, a-t-il fait savoir.

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«Il faut respecter le rapport du BAPE»

Marie-Eve Schaffer / Journal Métro :

Les autorités gouvernementales ont rejeté cette semaine du revers de la main les conclusions du rapport du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet de Réseau électrique métropolitain (REM). Celles-ci s’avèrent très pertinentes, croit le chargé de cours en urbanisme de l’Université du Québec à Montréal, Jean-François Lefebvre.

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M. Lefebvre a déploré que le débat public dégénère et que le BAPE ait été montré du doigt et non le projet de la Caisse de dépôt. Il a également souligné que le REM se prépare alors que la gouvernance du transport en commun dans la région métropolitaine est en pleine transition. La nouvelle Agence régionale de transport métropolitain doit officiellement remplacer l’Agence métropolitaine de transport (AMT) au printemps.

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Quelle est la véritable urgence?

Jean-François Boivert / Opinion, Le Devoir :

Malgré les critiques de nombreux experts, les sérieuses réserves du BAPE et les questions demeurées sans réponse, le gouvernement libéral et la mairie de Montréal font preuve d’une détermination sans faille : le Réseau électrique métropolitain proposé par la Caisse de dépôt et placement du Québec se réalisera, et ce, sans délai. Lorsqu’on se questionne sur cette ferme volonté et cet empressement, on nous répond : « On fera le REM car il faut le faire », sur un ton signifiant que tout est dit.

Quelle est la véritable urgence ? Faut-il rappeler que la communauté scientifique nous presse de réduire sans tarder et considérablement nos émissions de GES, à défaut de quoi les changements climatiques auront des conséquences catastrophiques, allant jusqu’à menacer la pérennité même de nos sociétés ? Cela exigera une transition importante, dont plusieurs ne mesurent pas encore l’ampleur. À cet effet, tout projet de transport ou d’aménagement devrait être désormais soumis à un « test climatique », afin de s’assurer qu’il contribue à l’ambitieuse réduction de GES maintenant nécessaire. Malheureusement, le REM ne réussit pas ce test. Selon l’évaluation de la CDPQ, on peut espérer une diminution d’environ 35 000 tonnes/an. Si l’on ajoute les émissions liées à la construction du réseau (que la CDPQ a ignorées), il faudra au minimum 20 ans avant que le bilan carbone du REM devienne négatif. Afin d’atteindre l’objectif que Montréal a fixé pour 2050, il faudra à terme réduire nos émissions de 8,1 millions de tonnes/an. Pour 6 milliards, le REM ne contribuera qu’à 0,4 % de cet objectif ; c’est trop cher payé pour un gain si minime. D’autres options existent, qui permettaient des réductions de GES beaucoup plus grandes.

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