Gérad Fillion / ICI Radio-Canada :

Le projet de loi à l’étude sur la politique énergétique à Québec est une bestiole à deux têtes : d’un côté, on prévoit encadrer l’exploration des hydrocarbures au Québec; de l’autre, on cherche à organiser les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La question du pétrole, du gaz et de la fracturation hydraulique fait la manchette. Mais, l’autre partie est franchement plus préoccupante, selon deux experts parmi les plus influents du Québec en matière d’énergie. Le problème, selon les professeurs et chercheurs Pierre-Olivier Pineau et Normand Mousseau, c’est que la nouvelle entité, Transition énergétique Québec, n’aura pas les moyens de ses ambitions. « Tel que c’est construit, ça ne marchera pas, a dit mardi à RDI Économie Normand Mousseau, qui a coprésidé la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec en 2013. C’est impossible que cet organisme-là puisse changer les choses dans le secteur des transports, l’aménagement du territoire, l’efficacité énergétique dans la construction par exemple. Donc, on va se retrouver avec un organisme un peu bidon. »

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Transition énergétique : l’UPA veut faire partie des décideurs

Julie Tremblay en collaboration avec Patrick Bergeron / ICI Radio-Canada :

L’Union des producteurs agricoles (UPA) veut être au centre des décisions concernant le développement de la filière des hydrocarbures. Dans le cadre de la commission parlementaire sur le projet de loi 106, l’organisme demande au gouvernement d’être nommé au conseil d’administration de Transition énergétique Québec (TEQ) ou à la Table des parties prenantes, qui assistera le TEQ dans l’élaboration et la mise en oeuvre de son plan directeur. L’UPA considère que la majorité des projets de développement des hydrocarbures risquent d’être localisés principalement dans les basses terres et le long du littoral du fleuve Saint-Laurent. Comme ces secteurs sont principalement agricoles, le syndicat veut avoir son mot à dire sur leur avenir.

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Transition énergétique : la Baie-James du XXIe siècle

Jean-François Samray / Opinion, La Presse :

À chaque siècle, ses projets mobilisateurs. Autant au XXe siècle, le projet de la Baie-James a permis au Québec de réduire sa dépendance au pétrole tout en développant son économie, autant la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables seront les moteurs du développement durable québécois du XXIe siècle. Le début, aujourd’hui, de la commission parlementaire sur le projet de loi 106, portant sur la mise en oeuvre de la Politique énergétique 2030, marquera une date importante dans la mise en oeuvre du développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Les cibles sont ambitieuses : augmenter annuellement de 1 % l’efficacité énergétique de notre économie et de 2 % la part des énergies renouvelables tout en réduisant d’environ 3 % chaque année la part des produits pétroliers. Dans un tel contexte, les actions hâtives prennent toute leur signification, car tout ce qui ne sera pas fait cette année accroît l’effort à réaliser dans les années à venir. (…)

La transition énergétique doit donc être vue comme un extraordinaire chantier permettant la naissance, la croissance et le rayonnement à l’international de ce que nous avons de meilleur : des gens d’affaires audacieux ; une jeunesse innovante ; des institutions de recherche structurantes ; des communautés qui développent des projets structurants ; une économie qui se diversifie et se décarbonise. Voilà ce qui est devant nous. Rappelons-nous que le réchauffement climatique est tout sauf gratuit. Les changements climatiques nous touchent. Le ministère canadien de la Sécurité publique évalue qu’en moyenne, les dommages causés par les désastres naturels liés aux changements climatiques nous auront minimalement coûté 5 milliards d’ici 2020, soit plus de 1 milliard par année.

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