Axel Fournier – Porte-parole, Association pour le transport collectif de la Rive-Sud / Opinion, Le Devoir :

Dans Le Devoir du 12 août, Luc Gagnon, Jean-François Boisvert et Anthony Frayne ont publié le texte « Prendre le train de l’étalement urbain », un texte dénigrant indûment le projet de Réseau électrique métropolitain (REM). Un rectificatif s’impose. Pour ces auteurs, le REM ne causerait que de l’étalement urbain et augmenterait les émissions de GES. Ils négligent autant l’impact positif du REM sur la mobilité dans la région de Montréal que son impact structurant sur une métropole de plus en plus polycentrique. (…)

Pour Gagnon, Boisvert et Frayne, le coût du réseau est tel que les usagers devraient payer 21 $ par jour si la « STM refuse l’intégration tarifaire ». Premièrement, mentionnons que la STM n’aura plus le pouvoir de gérer les tarifs, qui seront de la juridiction de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), agence mandatée pour intégrer la tarification métropolitaine. L’ARTM et la Caisse trouveront un terrain d’entente pour intégrer les tarifs. Par ailleurs, les auteurs arrivent à un coût de 10,50 $ par passage : cette estimation est farfelue. Prenons les trois milliards investis par la Caisse. Les auteurs considèrent que la Caisse l’emprunterait à un taux de 6 % pendant 30 ans. D’abord, la Caisse n’a pas besoin d’emprunter cette somme, puisqu’elle dispose de sources de liquidité ; si elle le faisait, son taux d’intérêt serait inférieur à 6 %. En outre, ils font leur calcul en comptant le nombre d’usagers par jour de semaine (150 000) au lieu de regarder l’achalandage annuel projeté (35 millions, oubliant ainsi les fins de semaine dans l’amortissement du coût en capital). Résultat, le coût par passage de l’amortissement passe à 2,86 $ au lieu de 6,50 $, comme l’insinuent les auteurs. Si l’achalandage devait s’accroître, ce ratio pourrait diminuer encore plus.

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