Monique Pauzé, députée du Bloc québécois / Le Huffington Post :

Quand un premier ministre est récompensé par les pétrolières, les défenseurs de l’environnement ont des raisons d’être inquiets. Le 9 mars dernier, dans un geste sans précédent, le premier ministre Justin Trudeau était le conférencier vedette au colloque de la CERAWeek au Texas, où il a accepté le prix du leadership mondial dans le domaine énergétique!

L’année 2017 marquait le 36e anniversaire de la CERAWeek, un organisme inconnu du grand public. Le colloque annuel était organisé par la firme de consultants et de lobbyistes IHS Cambridge Energy Research Associates (IHS CERA). Il réunissait des géants de l’industrie pétrolière et gazière, dont Total, ExxonMobil, BP, Shell, Chevron et ConocoPhillips, ainsi que des grands noms de la finance, comme le Crédit Suisse AG.

L’événement regroupait les décideurs de différents coins de la planète dans le but d’avoir un aperçu complet de l’avenir énergétique mondial, en abordant des sujets comme la géopolitique, les avancées technologiques, le coût des projets, le financement, la réussite opérationnelle et la gestion de risques. Les magnats du pétrole doivent rendre des comptes à leurs actionnaires, non pas à l’humanité qu’elle met en péril.

Devant une telle brochette de participants, Justin Trudeau a eu droit à une ovation debout lorsqu’il a déclaré: «Aucun pays, qui trouverait 173 milliards de barils de pétrole dans le sol, ne les laisserait sous terre».

Un discours qui détonne avec ses promesses électorales et ses engagements passés devant la communauté internationale, alors qu’il affirmait lutter contre les changements climatiques. En acceptant le prix du leadership à la CERAWeek, Justin Trudeau s’est positionné en véritable promoteur de l’exploitation des sables bitumineux et des pipelines.

Son entêtement à ne pas refuser le projet Énergie Est de la pétrolière TransCanada qui, rappelons-le, va générer seulement 33 emplois permanents au Québec, devrait convaincre les sceptiques que les libéraux n’ont aucune considération pour l’avenir du Québec. Ils sont à la solde de Bay Street et des pétrolières de l’Ouest.

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