Philippe-Vincent Foisy / ICI Radio-Canada :

Des présidents de grandes pétrolières et les ministres des Ressources naturelles de plusieurs pays applaudiront Justin Trudeau, jeudi soir, au Texas. Le premier ministre recevra le prix du leadership mondial en matière d’énergie et d’environnement de la CERAWeek, une conférence internationale commanditée par nombreuses compagnies actives dans le domaine des sables bitumineux, dont Total, ExxonMobil, ConocoPhillips, BP et Shell.

La présence du premier ministre à cette conférence ne surprend pas le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin. Selon lui, le discours du gouvernement est une « chanson aux oreilles des pétrolières présentes à la conférence ».

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Or, il faut choisir entre le développement pétrolier et la réduction des gaz à effet de serre (GES), selon Patrick Bonin. La production et la consommation d’énergie au Canada ont été à l’origine de 81 % des émissions canadiennes de gaz à effet de serre, en 2014.

Il va falloir plus de cohérence et d’ambition de la part de M. Trudeau. M. Trudeau est en train parlé de transition d’ici 100 ans, mais il faut le faire d‘ici 35 ans. Si on regarde les efforts de M. Trudeau par rapport aux exigences scientifiques, il ne passe pas le test.
— Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace

Le professeur invité en économie à l’Université d’Ottawa, Jean-Thomas Bernard, abonde dans le même sens, qualifiant la position du gouvernement Trudeau d’« ambiguë ».

Selon lui, l’économie pétrolière et l’environnement « ne peuvent pas aller main dans la main ». Il croit que ce sera difficile pour Ottawa d’atteindre les cibles qu’il s’est fixées lors de la COP21 à Paris.

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